tous ces gens qui m'écrivent pour me donner des conseils. Ils me font penser au film sur Piaf que j'ai détesté. Ces clichés qui font que l'on croit que l'artiste serait un peu naïf sur lui-même, sa place dans la société des autres, qu'il serait surtout une pâte brute, souvent pervertie par le système, à son insu.
On veut finalement considérer l'artiste aujourd'hui comme on considère l'enfant, c'est à dire le dernier havre de "pureté" sur la terre. Alors on infantilise la pensée que l'on a sur eux, et on en vient carrément à leur écrire quoi faire et comment. Dans le même temps les gens vont coller sur toi toutes leur attentes, comme des parents. Ainsi l'artiste arrive jusqu'à "trahir" son public, s'il ne se conforte pas en action aux attentes de ses parents. En ce sens le paternalisme du public est complètement classique dans un schéma plutôt réactionnaire. Ce n'est pas l'idéal soixante-huitard qui laissait s'épanouir l'enfant, pour s'étonner en permanence des résultats, c'est vraiment une ligne de conduite rigide, dans laquelle tu dois marcher droit, sous peine de te faire bannir de la famille. Ce ne sont pas des parents qui t'aiment, ce sont des parent qui comptent sur toi. C'est très différent.
Ils vont pourtant adopter bien des sales gamins, pas spécialement les plus beaux ni les plus propres, mais dès l'adoption ils voudront les figer dans le charme premier. On choisit un artiste dans sa liberté, et on l' empêche direct d'en choisir une autre, sous peine de trahison.
De l'artiste on ne connaît que notre propre histoire avec son produit. Rien d'autre. Pourtant on entre dans sa vie, dans une caricature de sa vie, celle de bric et de broc que l'on a péché ici où là, et puis on se sent le droit de juger. Il y avait la presse, les radios, la télé, et aujourd'hui ce genre de paternalisme compose les deux tiers des commentaires internet. Avant fallait poster un timbre pour faire la morale aux gens, du coup c'était plutôt rare d'en recevoir. Mais si on peut moraliser en deux clicks, là c'est ma boite à mails qui fume.
Les gens qui eux, sont sur facebook, m'écrivent pour me dire "mais putain Mano kestufoulà? Tu me déçois, gna gna gna" , les gens sur myspace, pareil, c'est à mourir de rire.
Ils habitent là, ils y passent leur temps, souvent leurs espoirs, mais toi, tu ne devrais pas être là Mano, tu devrai pas te faire chier là-dedans. Tu devrais être au dessus de la mêlée...
Ca veut dire quoi? Pas avec nous les gueux? Ou alors va te coucher c'est pas un film pour les enfants? Il y a aussi tous ces gens qui s'étonnent que j'ai une alerte google à mon nom, et qui parlent de moi sans avoir absolument aucune envie que je vienne commenter ce qu'ils font. Qui déblatèrent et s'étonnent, ho! qu'un si grand personnage prenne la peine de venir leur dire d'aller se faire foutre. Je vous jure.
En fait, sans caricaturer, si je suivais tous ces conseils que je reçois en permanence, déjà je ne vous parlerais pas. Je devrai ne pas parler...à des gens venus me lire. Oui oui, ça commence comme ça. Le type il m'écrit parce que je parle et qu'il vient lire, pis après il m'en veut, alors d'avoir écrit ça? ...Ou de l'avoir lu? Je ne sais pas. Et tout est comme ça. Il me découvre grâce à un système, mais pour lui je n'en fait pas partie. Sans la promo des labels il ne venait pas me voir au Tourtour à mes débuts, mais il rêve que j'y retourne pour correspondre à un romantisme dont la plupart du temps il est très loin lui-même. Tout à coup le rôle s'inverse, c'est en temps que parent que tu trahis un idéal naïf dans le public, comme quand ta mère a un amant ou que le père Noël n'existe pas. Ils t'en veulent de briser l'enfance dans laquelle tu les confortais.
Depuis dix ans sur le net, chaque fois que je prend la parole, je me fais soit bannir de la famille, soit "oediper" par des enfants furieux.
Bin ouais. C'est comme ça. J'aime bien. De toute façon je ne suis pas là pour investir, y'a bien un magasin mais je m'en occupe jamais. Je suis là comme vous tous, dans ma pensée quotidienne. J'essaye de sensibiliser les gens sur certaines choses, j'y arrive des fois. Si j'y arrive pas, bin je recommence le lendemain. Et puis c'est bien là que je me reconnais.
Moi.
Mano..
Chapi Chapo Hadopi
Je ne fais pas de la musique, je n'ecris pas, je ne travaille pas sur des produits culturels, pour aider l'état à faire des lois liberticides.
Croire en ces lois pour juguler le telechargement illegal des oeuvres est un leurre, personne n'y croit. Pas plus le pirate que les artistes. Mais l'état lui y voit une porte d'entrée pour fliquer internet, identifier les flux, surveiller nos modes de consommation et de pensée.
Le pirate cet inconnu, c'est dingue tous les chapeaux qu'il porte.
Son vrai chapeau? Une passoire, comme les débiles dans les bandes dessinées de mon enfance. Je ne vous parle pas du gamin de quinze ans qui telecharge tout ce qui bouge, je vous parle de l'adulte, dans le monde du travail qui à voté en masse pour "travailler plus pour gagner plus" et qui se precipite à payer moins, ou pas payer du tout, pour que l'autre travaille...moins.
Vive le liberalisme de chacun. Je me fais exploiter? Alors j'exploite partout où je peux. Je peux agir sans me soucier des consequences sociales? Je me sert sans hésiter. Vive le petit patronnat du clavier.
Y'a aussi d'autres chapeaux, des entonnoirs. Comme des débiles de BD, mais eux se croient de gauche. Ils viennent ces dernieres année d'avoir foutu 30% du personnel des labels et majors au chomage et ils se démerdent pour te dire qu'ils les ont libérés d'une vilaine industrie caca-boudin.
Et tout ce gouvernement de debiles chapeautés dans une belle cohabitation d'ouverture, est responsable d'un assèchement dramatique de la diversité dans la production.
Le probleme est qu'ils s'attaquent et détruisent un systeme depuis dix ans, mais qu'ils ne créent absolument rien pour le remplacer. Le net entier se bastonne autour des droits de, et à la diffusion, sans que plus personne ne parle de production.
Des millions de trouduc envahissent le net du haut de leur programations sur clavier en beuglant un manierisme hésitant de paroles insipides et transparentes, viennent hurler qu'ils ne sont pas moins artistes que les autres et qu'internet sera leur revanche sur le systeme qui les ignore. Et tous ces trouduc dans trente ans quand ils auront pris un gros bide et des marmots, diront aux parents d'éleves le jour de la kermesse,
-Moi ausssi quand j'étais jeune j'ai eu ma periode "artiste"!
Soyons serieux, de quoi le net nous a-t-il fait cadeau musicalement ces dèrnieres années? Où sont les nouveaux artistes dans leurs nouvelles carrieres? A part pour leur petit milieu comme toujours, quel petit groupe en france a-t-il émergé via le net de façon nationale et pas un buzz d'initié ou un feu de paille populiste?
Youpi, en dix ans de haut débit nous avons gagné Grégoire!
Messieurs les defenseur de l"'accession a la culture pour tous" c'est votre bébé, soyez en fier vous n'êtes vraiment pas si fertiles que vos grands discours. Vous êtes mal barrés pour fonder une grande famille.
Mano..
Mano Solo, mon fils Emmanuel Cabut, était content de son œuvre, bien sûr. Fier ? je ne saurais dire. Peut-on être fier d’une douleur exprimée ? Il s’émouvait lui-même, parfois, à l’écoute de ses propres chansons. Elles étaient si sincères, tellement collées à sa peau, à sa vie, à son être… Sans doute, oui, il en était fier. Je veux le croire.
Mais il y a une chose dont je suis sûre, c’est qu’il était fier de son public. Fier de ceux qui, à son instigation, sont devenus les Shalalistes, cette improbable et cacophonique famille formée d’individus de tous âges, de tous milieux, de tous horizons, dont le point commun est le respect de soi-même. Un respect qui pousse à ne jamais se laisser aller, à ne pas subir la vie mais à la construire, avec ses mains, avec son cœur, avec son imagination, son inventivité. Nous tous qu’il aimait, il nous voulait actifs, créatifs. Pour cela il nous fournissait de la matière, des outils, et des lieux où s’en servir. Il nous y attendait, exigeant, sévère mais toujours prêt à l’encouragement. Toujours prêt à rebondir avec nous sur une nouvelle idée, un nouveau défi.
Ce site Internationale Shalala, créé par lui avec l’aide de quelques Shalalistes rompus à la technique, il l’a voulu totalement interactif. Lui-même s’y est exprimé, y a déposé ses archives : on y retrouve avec plaisir des clips et enregistrements émouvants (bas de la colonne de gauche) ; on se passionne avec les rediffusions de l’émission Smoke City qu’il a animée pendant un an sur Radio Aligre ; dans Programme Shalala1, Télé Shalala 1 et 2 on se régale de vidéos pleines de fantaisie et d’interviews toujours d’actualité. Enfin, pour que nul n’oublie de se montrer généreux, il a donné une place à l’œuvre pour laquelle il se démenait sans cesse: le soutien à l’association Fazasoma.
Mais disposer d’un espace personnel d’expression n’était pas, loin de là, son seul objectif. Ce qu’il voulait — et ce que nous voulons toujours, nous qui avons décidé de poursuivre dans la voie tracée par lui — c’était que ce site s’enrichisse de l’apport de ses visiteurs : « Ce site est participatif, écrivait-il, vous pouvez dès l'inscription publier des billets depuis votre profil, ces billets formeront votre blog, et seront annoncés en couv par "DERNIERS BILLETS"…». Écrivains, dessinateurs, peintres, vidéastes, commentateurs d’actualité savent profiter de cette rencontre virtuelle avec un public. Un petit groupe s’est investi avec talent et persévérance dans la survie de la Télé Shalala (répertoriée dans la colonne de gauche de la Une) que Mano annonçait ainsi : « … Si on passe nos soirées sur le net c'est bien parce que la télé c'est la mort assurée. Mais on attend quoi pour faire la nôtre? Encore une fois tout le monde n'est pas créatif, mais tout le monde a des amis qui le sont, et aussi tout le monde... peut essayer de l'être. Alors créons des programmes. »
Tout le monde… Tous les visiteurs, assidus ou occasionnels, de ce site peuvent rendre ici à Mano Solo le seul hommage qu’il souhaitait vraiment: s’essayer à la création, échanger, oser se confronter au regard d’autres internautes. Essayer jusqu’à devenir fiers d’eux-mêmes.
Fiers d’être Shalalistes.
ISABELLE

Incroyable comme ces mots font partie du vocabulaire sur le net aujourd'hui.Je devrai m'en réjouir, quand j'étais môme c'était des trucs de baltringues, nous on avait les cheveux rouges et on crachait sur nos chanteurs pour leur dire qu'on était aussi bons qu'eux, qu'un punk est un punk, sur scène ou dans la salle.
Maintenant avec et sur le net c'est des tonnes de glaviots qu'on prend dans la tronche, mais pas les mêmes, des glaviots de haine, de ressenti jaloux, de révolte qui se trompe de cible.
Parce que tout à coup, l'art et son fameux "accès" c'est la musique. Bin oui, on ne voit pas sur les newsgroups, les liens torrent, ou sur la mule, des opéras filmés en douce, ni des spectacles de danse filmés en douce, ni des expos de peinture dévoilées à coup de film de portables, ni des photos de sculpture, ni des romans d'auteurs inconnus, encore moins des pièces de théâtre,etc. Ce qui se propose et se télécharge c'est la musique.
Alors selon l'instant et le lieu le discours est que les producteurs de musique ne sont que des pourris qui produisent de la merde en empêchant une diversité d'émerger, et puis juste derrière, les mêmes réclament le droit de télécharger de la merde, produite par des pourris, mais sauf que là ils décident tout à coup que c'est de la "culture". Parallèlement, des milliers, des millions de groupes n'ont eu aucune barrière pour s'installer sur le net, offrent leur musique gratos...et attendent encore leur public. Faut croire qu'ils sont pas si culturels que ça...
Sur le net le mot culture en fait il faut le traduire par "je le veux gratos".
Pire même, après avoir diabolisé les labels et majors, soupçonnés de n'être que des vénaux sans âme, le public entre dans de nouvelles dynamiques avec de nouveaux opportunistes comme ce site que je découvre aujourd'hui http://www.spidart.com/ ou carrément les chanteurs font la manche et attendent que le public, devenu coproducteur, prenne aussi sa part du gâteau!!!!
je cite l'accroche:
"Promotion
Fais la promo de ton artiste et gagne de l’argent avec lui.
En tant que coproducteur, tu deviens responsable de la promotion de ton artiste : crée le buzz autour de toi pour la sortie de l’album et augmente les ventes et tes recettes.
Gagne de l’argent
avec ton artiste et Spidart pendant deux ans :
Pendant deux ans à compter du premier jour de la distribution tu partagera les gains des ventes d’album et single qu’elles soient physiques ou immatérielles."
N'est-ce as encore plus odieux qu'un contrat en label? D'engrosser un actionnaire parce qu'il a mis cent balle dans ton disque? Cent balles tu les valait pas avec tes chansons, puisqu'ils faut que tu soies rentable? Alors que produit-on là? De la culture? Non, pour faire entrer l'internaute dans la machine il faut lui promettre de l'intéressement aux benefs. Apres ça on va nous parler de nouvelle économie au service de la culture... "Fais du buzz autour de ton artiste et augmente tes ventes et tes recettes". Et c'est de là que l'on croit faire émerger autre chose que du sous top 50? Pincez moi les enfants, je rêve! Allez écouter les onze albums produits chez Spidart, et vous aurez l'exemple de ce que je raconte.
Vous savez, quand une major produit de la merde pour faire du blé, une partie de son blé est investit dans de la diversité, son métier est de lancer des perches, AUSSI.
J'en fut une par exemple, et j'ai été financé par les compils d'Adamo qui cartonnaient à cette époque. Par contre c'est pas demain la veille que Spidart va décider de financer un Mano Solo, des Têtes Raides, un Loïc lantoine, une Mell, et même pas une Mano Negra, un Higelin à ses débuts, une Brigitte Fontaine, un Renaud à ses débuts et la liste est longue du résultat d'un travail des producteurs qui finalement ont fait émerger 99% de ce que l'on écoute après 15 d'existence du net, qui lui n'en est qu'à nous balbutier ses systèmes bâtards et odieux, d'un libéralisme sauvage.
Alors le vrai problème il tient en un exemple parmis tant d'autre, les pompistes de chez Total, ce sont eux qui au bout de la machine fabriquent les milliards que quelques actionnaires vont se partager, pendant que eux, ils n'ont pas les moyens de se payer de la musique à un prix équitable.
Le problème est que la musique gratuite est un os qu'on donne à ronger au peuple, alors que sa gamelle on lui a vendu plein pot (hardware numérique, ordis, écrans pats, lecteurs mp3), et paradoxalement, c'est lui qui la fabrique.
Le peu qu'il gagne repart dans la machine à fric de toujours les mêmes. Alors on lui donne d'abord du discount, pour qu'il survive, puis du gratuit, qu'il paye ailleurs sans le savoir, ou que d'autres payent pour lui.
En vérité, l'internaute qui croit niquer le système en téléchargeant, l'accompagne dans toute sa splendeur, de plus en plus soumis à la religion de consommation.
La carotte du gratuit pour oublier les bas salaires.
Et si hier on avait pu télécharger des jambons, on aurait aujourd'hui des millions d'internautes.... réclamant le droit d''accès à la charcuterie.
Pendant ce temps, les actionnaires des FAI, Apple, Microsoft, Intel, et compagnie se font gentiment des couilles en or, de la taille de celles d'un mammouth.
Je sais, je me répète, mais rien ne change, et tout est pire, alors j'adorerai avoir autre chose à dire, à penser de tout ça, mais c'est une vérité en face de moi, je ne comprend pas qu'elle ne soit pas en face de la plupart d'entre vous.
Mano..
Voir aussi l'appel d'Oliv' qui en dit long. http://manosolo.net/test-bonze/node/49#comment-326
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