You are here

Hommage

Primary tabs

Les souvenirs remontent comme des gens dans la rue, là, ils filent par saccade prés de la gare. Le lointain s’illustre d’une rumeur, le brouhaha des longues attentes. La dissonance, c’est les voitures devenues de trop prés du port. C’est presque la nuit et la foule s’étire, occupante de la route. L’architecture, c’est un rempart de containers empilés et ondulés. L’âpreté, c’est les agents de sécurité aux aguets. La ville, c’est ces lumières criardes qui blêmissent sous le couvert nuageux. La réalité, c’est cette pluie orangée qui brille sous le feu des éclairages prés d’un pont en béton. Le passé, c’est des personnes connues qui me saluent avec la chance de se voir dans ce monde. La brume, c’est demain, la vie évanouissante, aspirante de vide. La peur c’est l’incompréhension des agressions dérangeantes, de bien de façons et qui me forcent à fuir.
L’horizon, c’est les montagnes invisibles de la grâce des mots. Les reproches, c’est un éméché virulent qui grogne et qui veut s’approcher de la scène. La dissonance, c’est un de mes lacets bloqués par des pieds étrangers et qui fait office d’ancrage solide. La symphonie, c’est dans la tête, le regard allumé des spectateurs vers le chanteur. L’harmonie, c’est sa présence, de sa voix particulière sous des flots de rayons bleus avec sa casquette de docker et ses lunettes noires. La musique, c’est ces rythmes étranges, chaloupés que semblent répercuter d’un relief, ses intonations et sa gestuelle grave. Les refrains, ce sont ses succès anciens qui me ramènent en jeunesse. Le temps, c’est une station debout qui se tient aux amarres des effets sonores. Le tintamarre c’est l’écho grandissant de la mémoire au moment ou le poète cesse de souffler. La conscience c’est cette interprétation émouvante de macadam cow-boy et l’évocation profonde qu’elle m’a donnée. La lecture c’est ici et maintenant qu’elle prend fin sous le regard silencieux des perroquets sauvages que vous êtes.