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Voyage inspiré

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Des peupliers, en bas près de la rivière qui disparaît dans une brume matinale et je longe la route qui s’étire infiniment. Des collines dessinent de paisibles couleurs d’arbres alignés. C’est la culture agricole qui peuple ce monde. Je décolle dans ma tête. Le bleu pâle du ciel hésite de gris. La journée sera de nuage. Peut-être. En attendant, j’espère de frais et sur les bas côtés, je déambule sur les creux et bosses, imperfections des chaussées rurales. Je pars. Je croise des remparts courts, vieilles murailles qui se morfond dans l’érosion herbeuse qui la hante. Je m’y repose. De temps à autre une voiture s’annonce de son moteur, elle est souvent désuète et blanche. Et s’éloigne sans remord dans sa trajectoire. Un devoir l’appelle.
Ici et là, l’odeur de la campagne ; Des feuilles mortes brûlent dans une effusion de fumée grise et prenante. Des collines dans le fond plantent du sombre dans la clarté solaire. Et j’irai en ville m’essayai dans la confusion du bruit et des malentendus voulus. Un lieu de liberté anonyme et de conflits puissants. Des lumières crues y feront croire l’existence facile, démarquée des tourments naturels. Dans une aciérie où une menuiserie je m’engagerai.
Je sais un lieu où un pont se construit dans le mode du gigantisme et de la hauteur vertigineuse. J’habiterai près du port pour que le souffle maritime m’entoure de sa grâce. Je travaillerai dans un atelier dissonant, bruyant de confusion et de fournaise ; J’en sortirai essoré et j’irai me remplir dans un estaminet mélangeant le goût du métal éclaté dans les hurlements aux conversations insolites des buveurs attardés.
En attendant des kilomètres à faire vers la citadine destinée. Et des tendresses passent en rêves dans mes prunelles quand je regarde la gare routière froide, bétonnée et pleine de vitrines montrant des affiches lourdes de vantardises criardes. Des cars clairs remplis d’un monde soucieux, ensommeillé, fondu d’ennui transportent des déçus vers leurs lassitudes dans une habitude qui farde leur figures de programmés.
Je me plais de me croire autre et d’avancer libre, étonné et calme. Autostoppeur, je voyage au grès de la compassion que j’inspire, puis lassé je me jette dans la circulation convenue des trajectoires et j’emprunte l’autocar pour me rendre vite dans le sud. La sonorité autoroutière me berce de son agitation monotone.