Elle m'avait dit : " viens, on va voir une expo, un ami a des toiles sympas dans une ville proche ". J'ai dit : " oui ". La nuit froide, le train chaud et nous voilà filant sur la passerelle qui nous mène au centre du lieu. Architecture bien découpée, des grandes plantes aux balcons. Je marche la tête en l'air, elle non, elle connaît ces maisons, leur ombres et façades. Des trottoirs propres, des buissons amples, la ville est verte. Nour rentrons dans l'hopital psychiatrique. Prés d'un bâtiment rectangle, un girophare silencieux tournoie et projette son orange aux alentours, une alerte aux travaux. Elle, elle me parle de ses cheveux roux. C'est désert et plat, je suis ivre légèrement de la promenade et de l'air neuf. Je vois des silhouettes véloces et dandinantes, des chats fous et heureux. Ils virevoltent, si visibles en vitesse et aussitôt évanouis. Ils m'amusent de vitalité. Elle conduit la route, celle qui trace vers les couleurs sur bois. Le vert pâle d'une porte éclate sur le vernis blanc du mur carrelé. Nous nous effaçons pour avancer plus loin, aspirés que nous sommes par la soirée annoncée.Tout glisse à pas lent, nous nous faisons de grandes enjambées. Une banderole annonce du personnel en grève, au sein de l'endroit perdu de vie, un reliquat de la matinée. Elle s'étonne du vide du monde là, devant ça devrait grouiller d'être venus pour un vernissage, tardivement et pleinement. Or: rien, si juste le silence de l'inactif. Elle abaisse la poignée de la porte d'entrée vainement. Rien ne s'ouvre, le bois est noir, et elle, elle est verte : " C'est une catastrophe " , elle s'en veut de cet erreur. Moi, follement bien non, pas du tout, elle a du se tromper de mois, elle est tellement occupée, à faire ceci et cela et drela et drelin...
Je suis en plaisir de cette étrange escapade, un voyage inachevé. Et nous repartons dans l'autre sens, l'univers surprenant du temps à perdre soudainement. Nous nous en allons plein d'interrogations curieuses. Elle croise des connaissances solides en pierres de taille ; Une d'elle s'éclaire en devanture d'une inhabituelle tenture longiligne et blanche. Cela nous accroche et nous fonçons électrisés vers ce tissu dressé. Des costumés, des gens de biens s'allongent de paroles, nous passons dans cette ambiance pour rejoindre la salle d'accueil forte de vitres et de livres. Un spectacle de danse s'annonce bientôt, tandis que se finit une assemblée d'écrivain d'origines lointaines et une foule montante nous porte à l'étage où les murs posent dans nos yeux des photos diverses, la plupart noire et blanche et un gars tout rose s'écarlate dans certaines.
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