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ORANGE ATOMIQUE... (397)

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Sur cette orange je me balade comme sur un tapis roulant
Qui couine avant l’arrivée pour me retenir prisonnier
Devant des vitraux où sont posées de manière bien pensées
Des tables pour rassasier celui qui les regarde goulument,
Avec des squelettes lavés à la brosse à dent et habillés
En masque à gaz dernier cri pour faire taire leur souffrance,
Solder la dernière larme provoquée par la forte jouissance
Que provoque l’érosion d’une centrale pour éclairer le voisinage
Et les chiens volants qui d’un coup de râteau perdent leur plumage
En nourrissant un compteur Geiger du surplus de voltage.
Et je rampe sur la queue devant un miroir
Qui se dresse pour nous présenter Lucifer.

Dans mon laboratoire fabriqué entre les mains érotiques
Des machines de guerre dans un rythme frénétique
Il y a la radio dans laquelle chante de la colique
Qui fait l’effet d’une bombe nucléaire chez un alcoolique,
Qui danse sur le zingue pour attirer les croques morts
Pris au piège dans la circulation et ses embouteillages,
Devant l’urgence les carnets de rendez-vous sont surchargés
Et pas moyen d’en rayer quand en face le message mensonger
Prend trop de place, dans les grilles des programmes télévisés,
Avec les tranches de publicité pour remplir l’estomac et l’égayer.
Et je rampe sur la queue dans un manoir
Aux couloirs sans radiateur pour nous glacer le cœur.

Sur cette orange je me balade en léchant son goût amer
Que laissent les déchets enfouis au fond de ses entrailles
Comme les volailles atomiques en peau synthétique
Qui se plient en quatre pour une partouse dans une barquette,
Avec le peu d’air qui leur reste pour jouer un rôle au cinéma
Et des spots pleins les mirettes pour leur offrir des étoiles,
Telles des starlettes qui pour pleurer n’ont que la poudre d’escampette
En chevauchant l’étriquée balustrade et tomber encore plus bas
Dès qu’il est l’heure pour leur jeunesse de mettre les voiles
Dans les bulles au rabais volées dans la supérette du quartier.
Et je rampe sur ma queue entouré de peupliers
Qui prendront feu pour nous accueillir comme un cendrier.

Avec mes écouteurs je me protège les feuilles de l’hiver
Qui tombe pour emporter dans la neige les ossements
Des fous qui s’approchent de trop prêt d’un sarcophage,
Avec les grognements des monstres aux yeux fluorescents
Qui se lèchent les babines en nettoyant leurs saignements,
Aussi étanche qu’une semelle en bon carton renforcé
C’est d’ailleurs que ça que dans un prochain lendemain
J’aimerais m’approcher de son ombre pour voir ce que ça fait
Que de se ramasser une bonne fessée, tendre la main
À la vérité qui explose aux visages qui s’y exposent,
Pour anéantir la terre déjà déstabilisée par des ordures
Qui votent à l’aide d’un casier ce que personne n’ose avouer.
Et je m’entrave dans ma queue dans un cimetière
Qui nous réserve un bon lupanar où dort la douleur.

Rocco Souffraulit, le 21/02/2011.