
Les cargos de la misère débarquent sur nos terres
Pendant qu’en face un peuple d’escargot délibère
Avec au pouvoir des fonctionnaires qui se nourrissent de la peur,
Hésitant entre l’idée de les renvoyer ou des les laisser errer
Dans nos rues déjà chargées par le manque de solidarité.
Ils viennent chercher un peu de cette humanité
Dont on parle tant dans d’autres contrées
Mais notre société ne fait que les repousser.
Quand dort en face une populace qui trouve ça dégueulasse,
Il y a des camps bétonnés de moellons en carton qui se montent
Et des machines à laver qui servent de casier de rangement
Pour cacher ce qu’ils ont dans le cœur qu’ils ne peuvent essorer
Autrement qu’en souffrant devant un peuple qui se dit être grand.
Ils viennent chercher un peu de cette liberté
Dont on parle tant dans d’autres contrées
Mais notre société ne fait que les repousser.
Dans les montagnes loin des rivages aux milliers de coquillages
Se cachent des fauves qui se suivent à la trace en croisant les ombres
De ceux qui ne sont pas désirés aux pieds de leurs quartiers,
De leurs immeubles fabriqués au rabais avec un indigeste ciment armé
Comme leurs sentiments qu’un homme véritable ne pourra jamais désirer.
Ils viennent chercher un peu de cette égalité
Dont on parle tant dans d’autres contrées
Mais notre société ne fait que les repousser.
Ces lanterneaux déshérités pourraient nous donner de la lumière
Encore faut-il leur donner pour les voir s’éclairer un peu d’électricité,
Un peu de chaleur et de quoi bouffer plutôt que les laisser crever
Comme des ballons de baudruches pour qu’ils se couchent à nos pieds
Plutôt que de les laisser s’envoler comme s’ils étaient entre les mains de la paix.
Ils viennent chercher un peu de cette fraternité
Dont on parle tant dans d’autres contrées
Mais notre société ne fait que les repousser.
Les cargos de la misère profitant d’une marée ne font que se noyer
Entre les rouleaux compresseurs de nos chiens qui se disent prêts
A nous réconforter avec notre petit pays en usant de la sécurité
Comme un plat de nouille fadasse dont lequel aurait craché
Le front national pour lui donner son approbation et de la vérité.
Ils viennent chercher un peu de cette humanité
Dont on parle tant dans d’autres contrées
Mais notre société ne fait que les repousser.
Rocco Souffraulit, le 14/02/2011.
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