
À votre porte je viens de frapper juste pour voir si vous y étiez,
Mais face à face avec votre absence que je me suis pris de plein fouet,
Je me suis décidé à vous laisser ce bouquet qui vous était destiné,
Vous verrez, bien en vu je l’ai déposé sur le rebord de la petite fenêtre
Avec une lettre timbrée d’un baiser à l’envers de ma part par erreur,
Mais aussi de la société entière pour vous remercier d’être parfaite,
D’être dans l’avancée des années toujours plus exquise et si coquette
Comme si le souvenir d’avoir croisé une reine se figeait dans ma mémoire.
Ma chère Anaïs,
Vous êtes mon champ de maïs
Pour assommer de couleurs
Le sombre de ma nature
Et l’ombre de mes erreurs.
Dans une vie aussi fadasse qu’un gratin sans gruyère de coquillettes
Vous êtes celle qui de votre sourire de satin y rajoute un piment d’Espelette,
Plein de bonne volonté pour vous prouver que je suis dans le vrai,
J’ai demandé au vendeur à ce qu’on me coupe les plus jolies têtes,
Pour composer ce petit bouquet que je me suis empressé de commander
Avec la case du paradis cochée pour au mieux vous ressembler.
J’ai d’abord penché pour l’idée de vous offrir des roses noires
Pour être en accord parfait avec votre délicieux profond regard
Mais ne les ayant pas trouvées je suis resté sur les petites blanches,
Aussi pures que votre bouche, aussi fines que vos hanches,
J’ai beau me le ressasser mais je n’arrive pas à me l’expliquer,
En moi les effets que vous me faites alors je vous laisse imaginer
Ceux qui m’effrayent en prenant une toute autre tournure
Quand ne sont plus à mes côtés vos soupirs et vos rires.
Ma chère Anaïs,
Vous êtes mon épi de maïs
Pour nourrir de couleurs
Le sombre de ma nature
Et l’ombre de mes erreurs.
En cas d’envie d’encas qui semble déjà faire plaisir à votre chat
J’ai déposé sur le côté une boite de champignons chocolatés
Qui explosent en bouche quand on les éclate entre les dents,
Comme mon corps qui se déchire quand vous prenez les vents,
Pour le goût bien sûr j’ai opté pour celui qui le plus vous imite,
Amer et plein de douceurs comme l'autre que masque votre chair,
Je vous ai tout laissé avec le peu de fierté qu’il me restait
Car je ne voulais surtout pas devant chez vous m’imposer.
Je n’ai jamais su de moi ce que vous pensez je crois,
Si j’étais au centre de votre univers je serais un petit pois
Tellement votre féminité brille au fin fond de l’espace
Déjà si grand depuis notre si petit système solaire,
Je serais une planète qui tournerait autour de vous
En me laissant brûler de votre amour comme un fou.
Ma chère Anaïs,
Vous êtes mon grain de malice
Pour colmater de couleurs
Le sombre de ma nature
Et l’ombre de mon erreur,
Marmonner pendant des heures
Sans le plaisir de pouvoir vous voir.
Rocco Souffraulit, le 17/01/2011.
Pages