You are here

BLOC-33, ASCENSEUR-4, PORTE-12... (413)

Primary tabs

Rubriques: 

C’est la décadence, décalé de cette société
Je le suis de plus en plus et je ne pourrais
Plus rien y faire en attendant de me faire soigner,
Pansement, baume au cœur et médicaments,
Hystérie puis folie générale pour mon enfermement.
C’est la monnaie de l’or noir qui rend taré la société
Et la sobriété qui s’accumule pour un état d’ébriété
Ou la dépression finira par tuer les valeureux guerriers.

C’est de l’indépendance à la drogue dure
Qui s’agite dans des flacons aux bouchons d’or
Qui s’ouvrent pour trahir le vide complet
De celui qui a tout gobé avant même d’y être passé
Tellement son envie était plus forte que lui,
Je l’ai même croisé avec du blanc sur le nez,
Je croyais que s’en était pour corriger les accords
Et les pauses et mettre tout le monde d’accord.

C’est la décadence, ébranlé par cette société
Qui cache tant de choses à nous raconter,
En tendant l’oreille je ne sais pas quoi
Raconter mais faudra bien commencer
Le boulot alors quitte à foncer dans le tas
Autant le faire en regardant en bas,
Les ombres qui libèrent les chaines du désastre
Marchant au pas en se protégeant des astres.

C’est de l’incantation entouré par les ordures
Qui ferment leur sac pour se mettre en prison,
C’est de l’éloquence avec de l’écriture en carton
Plutôt que d’ouvrir et baisser le pantalon
Pour laisser deviner ce qui se cache dans le caleçon,
Les émotions viennent du cerveau et pas du brouillard
Qu’inflige au croisement du racontar un vieux vantard
Qui a roulé tant de fois sur les bosses des chameaux
Qu’on finirait par croire qu’il en raconte beaucoup de trop.
C’est de quelque part un bout d’auteur qui se délivre,
Qui se déchire le cœur quand il fabrique un livre,
En se planquant sous un comptoir pour écouter
L’humour noir et divulguer la bassesse d’esprit
Qui se contrôle avec la forte dose du mépris,
La dose de parfum en gros pour dire que tout va bien.

C’est édulcoré comme un pavé jeté dans la marre
Lesté par la douceur pour ne pas faire d’éclaboussure,
Entouré de bassistes et de pianistes pour ne pas effrayer,
Pour laisser couler, avant que ça sente aussi mauvais
Que la vérité qu’apprécient seulement les naufragés
D’un navire qui part s’échouer près d’une forêt de cocotiers
Qu’iront lécher du bout du nez pour en apprécier le lait
Le plus hauts perchés en marchant sur les condamnés,
Les rameurs justes bons à être élevés au rang d’esclave.

Rocco Souffraulit, le 04/03/2011.