
C’est l’heure du départ d’un ange qui s’étrangle avec une sangle
Accroché à un rectangle, ensanglanté comme un sanglier,
Avec sa force et santé de fer et son caractère de feu
À préféré s’évader loin d’ici en retournant sa veste au mieux.
Entre le collera, le SIDA ou bien la peste, préfère encore l’autre
Avec une photo de sa mère car d’elle c’est tout ce qu’il lui reste,
Derrière son vestiaire à l’adresse d’une pissotière où coule une rivière,
À qui manque pour être si parfaite un par terre de nénuphars,
Qu’on observe de derrière prêt de l’évier et qu’on se barre
En retenant la porte pour ne pas gêner l’autre entrain de pousser,
Une chute quand toujours on tire la moustache pour rigoler de peu,
La vessie éclatée par les culs de bière levés pour une dernière gorgée,
Activité qui dure des heures comme un garçonnet sur un tourniquet
Qui rigole quand se lève son père qui peine à venir le chercher,
Pour lui flanquer une raclée aussi bonne qu’une langue fourrée
Dans une crème glacée qui recherche à lécher le fouetté du chocolaté.
Ce n’est pas la peine de planer au chevet des songes qui sentent la pisse
Si dehors le soleil couronné de serpents rayonne pour des écrevisses,
Si seulement le seigneur pouvait gérer le départ des morts
Aussi bien que la SNCF le fait avec celui des voyageurs,
Ça nous laisserait encore le temps d'une vie entière
Pour nous embrasser et nous dire au revoir.
Douche froide qui fait mouche, qui fait peur quand les bouches
En parlent avec le phrasé qui mâche dans les larmes des regrets,
Qui se disent que c’est bien dommage surtout pour un si jeune âge
Et qu’aucun message n’a été télégraphié pour étouffer la rage,
Sa fièvre du surpoids d’aimer, de ne point être aimé comme présage
Comme on le voit à la télé, dans les séries B où des acteurs nés
Se déchirent pour se retrouver, avec des rires pour se le pardonner.
Pendant qu’un accordéoniste aveugle devant la popularité
Et un illustre violoniste s’accordent pour suivre la piste,
Il y a l’autre dans ses Bermudes qui se baigne dans sa solitude,
Avec la lumière qui glisse sur les murs en clignant de l’œil,
Dans laquelle dansent les ombres des tribulations d’une ventilation
Et le poster d’une fille déchirée qui se baisse devant l’orgueil,
Celle des hommes qui se croisent en se disant « bonjour, pourquoi pas »,
Hochant tous de la tête dans un déhanché de roi en flatulant des bras.
Ce n’est quand même pas la peine de bander au chevet d’une fille
Si c’est pour s’enfermer puis aller se vider dans une coquille,
Si seulement le seigneur pouvait gérer le départ des morts
Aussi bien que la SNCF le fait avec celui des voyageurs,
Ça nous laisserait encore le temps d'une vie entière
Pour nous embrasser et nous dire au revoir.
Alors le colonel comme l’appelaient ses vieux depuis la maternelle,
S’en est allé, désolé d’abandonner ce monde aux mille mamelles
Où il a cherché depuis toujours le miel pour devenir immortel,
Dans le cœur de ceux qui s’approchent de lui pour leur ôter le mépris,
Juste garder le manque et marquer à jamais l’idée que peut-être convoité,
Il se serait senti soutenu, soulevé par l’unique envie de continuer
Ses discrètes affaires sans se retourner de craintes de déranger,
Attablé tel un affamé pour bouffer à grand coup de fourchée
La moelle de la vie, en la rongeant jusqu’à l’os aussi,
Pour ne laisser plus qu’un moignon, en suppliant comme un pardon,
De ne rien avoir laissé au nom de la liberté d’expression.
Il aurait bien put finir maçon, franc-tireur voir même banquier,
Cela n’a plus grande importance car maintenant est soulagé
Le peuple qui pourtant effréné n’oublie surtout pas de se détester,
De se critiquer pour se rabibocher comme si de rien était,
Comme si les aigreurs du passé étaient restées dans le passé,
Pensant que dans un possible demain rien ne puisse sauter au nez,
Même pas un moindre zest particulier parsemé par une pincée.
Ce n’est quand même pas la peine de s’étouffer au chevet d’un banquet,
Si c’est pour s’emmerder à s’emmurer autour de vipères
Qui se forcent à séduire pour se dire derrière les pires prières
En nous suçant le sang pour plaire au pire des vampires,
Si seulement le seigneur pouvait gérer le départ des morts
Aussi bien que la SNCF le fait avec celui des voyageurs,
Ça nous laisserait encore le temps d'une vie entière
Pour embrasser le pire et nous dire au revoir.
Rocco Souffraulit, le 16/01/2011.
Pages