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IL EST VRAIMENT CE QU'IL EST... (357)

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Il s’essouffle dans le mystère quand dans le silence il s’endort,
Pendant que la mort opère dans un repère de la nuit qui s’enterre,
De peurs et de spasmes programmés pour faire rugir la colère,
Des enfers, comme une prière au premier coup de tonnerre
En noyant dans le vin son chagrin bon marché, avec sa mère,
En mémoire, qu’il n’a pas embrassé depuis que du bercail
Il s’y est fait jeter, pour seul, par l’immense porte
D’entrée finir exploité sans être remercié dans le monde du travail,
Comme d’autres gras ont pensé d’abord comme lui finir millionnaire.
Bonheur suprême qu’il n’a d’ailleurs bien faillit ne jamais connaitre,
Malgré la raideur des supplices que fournissent les caprices de l’hiver,
Non pas d’être richissime mais à l’infime plaisir de l’esclavagisme.

Il est vraiment ce qu’il est,
Tous sauf un prisonnier
Et tant pis pour ce qu’il n’est pas,
Désolé pour ceux qui ne l’entendent pas
De la même oreille et pour les dégâts.

Il s’y est d’abord sentit désemparé comme dans une fourrière
En prenant son air d’œuf battu pour que quelqu’un le tolère
Comme si la pitié pouvait être le maitre chien de l’homme,
Mais si c’était vrai, ça se saurait car on ne verrait moins d’horreurs,
Comme disait sa mère avant de franchir la zone barrière,
Rajoutant à cela qu’il n’y a plus de valeur ici bas où tout se perd.
Il n’y a pas de quoi en faire un munster car le bonheur est ailleurs,
Voir même entre les bras des enfants de cœur drogués de guitare,
Plus que leur propre saint père qu’on leur force à croire,
Qu’on leur force à voir dans la lumière d’un nouveau jour,
Chargés de recharger de plombs leur fusil de balles à blanc
Pour tirer dans une kermesse sur les filles assises sur un banc.
Qu’est ce qu’elle en racontait comme conneries sa mère,
C’est peut-être la seule chose qui faisait son charme d’ailleurs
Avec ce trait de caractère qui la rendait au final si humaine.

Il est vraiment ce qu’il est,
Tous sauf un prisonnier
Et tant pis pour ce qu’il n’est pas,
Désolé pour ceux qui ne l’entendent pas
De la même oreille et pour les dégâts.

Il bâillonne aujourd’hui du jambon chimique dans des boites en plastique,
Dans une usine toute la journée entouré de machines électriques,
Faut l’avouer plus reconnaissantes qu’un employeur puant le fric
Qui diffuse ses promesses comme les politicards pour attirer les électeurs
Avec le seul regret pour pleurer des heures après l’avoir fait dans le noir,
À des travailleurs mal embauchés pour pleurer devant un maigre salaire
Avec le seul rejet pour pleurer des heures après l’avoir regarder à l’envers.
Il n’en peut plus d’écouter le sonné des sirènes dont le pollen
Ne sert qu’à servir un ballet de cerveaux chargés de puces électroniques,
Avec pour seul effet magnétique sa pute au standard qui attire les regards.

Il est vraiment ce qu’il est,
Tous sauf un prisonnier
Et tant pis pour ce qu’il n’est pas,
Désolé pour ceux qui ne l’entendent pas
De la même oreille et pour les dégâts.

Lui qui l’année dernière avait acheté son petit pied à terre
Pensant lui plaire et qui vole au dessus de la ville qui s’enterre,
Toucher d’une flamme des couettes de coton comme un ballon,
Aller visiter le centre de la terre et se poser sur la mer déchainée
Ou alors vingt milles lieues environ sous l’horizon, avec les poissons.
Bousculer par le vent, rattraper par les fuseaux du temps,
Voulait savoir si comme dans ses rêves lors d’une étape,
Les femmes étaient les mêmes, en raccord avec notre époque,
Aussi belles que des hirondelles, aussi douces que de la mousse,
À l’odeur de citronnelle et sauf pour gémir celles qui se muselles,
De paris, New-York, à Moscou en passant par l’île de pâques,
Voir si la bière se consomme comme il se dit jusqu’à Outrance,
Pour faire fuir le panier de souvenirs dans une douleur atroce
Et encore c’était sans de savoir qu’il aurait le mal de l’air.

Il est vraiment ce qu’il est,
Tous sauf un prisonnier
Et tant pis pour ce qu’il n’est pas,
Désolé pour ceux qui ne l’entendent pas
De la même oreille et pour les dégâts.

Alors aussi fin qu’un harmonica en censurant le moindre encas,
Assis dans sa chaise en formica face à son petit moniteur,
Déguisé avec l’anonymat parfait le plus complet qui soit,
Jouit des vices des autres en leur faisant faire n’importe quoi.
Et il part, dans un univers binaire dès plus ordinaire,
Boulimique, nique si fier le virtuel et ses frontières,
En allant quelque part chez les esquimaux dans une glacière,
Danser avec des ours polaires lors d’une fête foraine,
Abonnés au câble où se défoulent des clowns désarticulés,
Aussi mauvais qu’un médiateur armé envoyé
De force par l’armée pour renforcer la paix.

Rocco Souffraulit, le 05/02/2011