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MON CHEVAL À BASCULE... (424)

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Dès que j’enfourchais ma monture en armature métallique
Je quittais la vie pour aller vivre la mienne ailleurs,
Dessus je n’avais peur de personne et je combattais la mort
À coups de tonnerre pour lui trouer le cœur et finir dehors,
Les armées de squelettes me couraient après mais
Avec de l’ardeur j’y suis arrivé car telle était ma destinée,
Depuis le dos de mon poussiéreux cheval à bascule
Qui remonte dans les aléas des souvenirs et me bouscule.

Dès que j’enfourchais ma monture en tissus synthétique
Je partais faire la guerre aux militaires qui tuaient les étoiles
Pour faire briller de noir la lumière de la lune dans un sombre état,
J’étais l’individu perdu dans un château pour en devenir le roi
En me mariant avec une belle usée de coudre des lambeaux
Miniatures, sans germe immature pour les mettre sur la peau,
Depuis le dos de mon poussiéreux cheval à bascule
Qui remonte dans les aléas des souvenirs et me bouscule.

Dès que j’enfourchais ma monture aux poignées en plastique
Je devenais un chevalier sans heure qui partait sans reproche
Pour aller conquérir des terres glacières où les dragons
Etaient enfermés dans des glaçons pour ne pas brûler
Ce qui resterait de la nature si je tentais de les délivrer,
J’étais donc condamné à les faire rêver pour les occuper
Depuis le dos de mon poussiéreux cheval à bascule
Qui remonte dans les aléas des souvenirs et me bouscule.

Dès que j’enfourchais ma monture pour rouler des mécaniques
C’était pour quitter la réalité qui m’emprisonnait l’existence
Et la misère du diable pour décrire ma colère comme seule essence,
Je passais entre les nuages dans le ciel bleu et ses turbulences
Pour trouver rien qu’un soleil radieux et un rayon de délivrance,
Pour me faire enfin liberté entouré de la cruauté des hommes
Depuis le dos de mon poussiéreux cheval à bascule
Qui remonte dans les aléas des souvenirs et me bouscule.

Rocco Souffraulit, le 08/03/2011.