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MORGANE, MA FILLE... (425)

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La terre continuera de tourner, les plaques de se déchirer,
La bière continuera de mousser, les épinards surgelés d’être mauvais,
Les filles auront toujours le cœur aussi passionnant qu’avant,
Depuis ce jour où la première est tombée folle d’une pomme D’Adam,
Les courants feront encore danser dans un pas les continents
Pour faire trembler les murs de ta chambre quand râleront tes parents
Avec l’aide des vents et de la force de tous les autres éléments
Pour t’obliger à faire des trucs débiles comme te laver les dents.

Dans cent ans tout ça sera encore présent
Sauf que nous ne serons plus là pour voir
Si le miracle de la nature me fait mentir,
S’il y a une arnaque en cherchant nos marques.

En attendant je ne vais pas attendre
D’en avoir une dizaine de plus pour te dire je t’aime,
En attendant s’il le faut pour te le prouver, Morgane,
J’irai aux pieds des chaines pour te soulever une montagne,
Aussi jusqu’à la saison qui t’enferme autour de nos cloisons,
Te voir t’envoler avec la liberté plutôt que dans une prison.

Les oiseaux mécaniques continueront avec leur gazoline
De polluer le ciel en frôlant les frontières alpines et les collines,
Les nuages pousseront encore pour nourrir les quelques champs
Restant et les quelques gens qui continueront d’écouter des chants,
Parlant de sentiment, ceux qui nous brisent les côtes en nous inondant
D’amour le cœur qui crève quand la passion revient à la raison,
Comme une bataille avec un canon dans un refrain complet
Pour nous scier le chemin du train qui transporte des couplets.

Dans mille ans tout ça sera encore présent
Sauf que nous ne serons plus là pour voir
Si le miracle de la nature me fait mentir,
S’il y a une arnaque en cherchant nos marques.

En attendant je ne vais pas attendre
D’en avoir une vingtaine de plus pour te dire je t’aime,
En attendant s’il le faut pour te le prouver, Morgane,
J’irai aux pieds du printemps pour éviter que tes pétales de fanent,
Aussi jusqu'à Paris, enfermer dans un papier ses maisons,
Te la rapporter dans le salon pour t’offrir de belles fondations.

J’ai appris à écrire avec l’aide de l’amour et j’ai appris à faire l’amour
En écrivant ce que j’avais le plus enfoui au fond des tripes,
Un fruit au goût amer épais d’écorce, où se nichent des pépins,
Qu’on presse comme un raisin avant d’en faire un bon vin
Pour se souler la gueule et crier toutes ces choses à nous dire,
Les bonnes et les mauvaises avant de se jeter de la falaise,
Partir ensemble pour partager un long voyage aussi merveilleux
Que celui d’être heureux en regrettant d’avoir ouvert les yeux.

Dans dix mille ans tout ça sera encore présent
Sauf que nous ne serons plus là pour voir
Si le miracle de la nature me fait mentir,
S’il y a une arnaque en cherchant nos marques.

En attendant je ne vais pas attendre
D’en avoir une trentaine de plus pour te dire je t’aime,
En attendant s’il le faut pour te le prouver, Morgane,
J’irai jusqu’au zénith de l’été pour t’émerveiller,
Aussi jusqu’aux cieux, voir le clan des anges malheureux,
En leur demandant de ne jamais te compter parmi eux.

Rocco Souffraulit, le 09/03/2011.