
J’attends dans le secret derrière la porte des condamnés,
Qu’arrive à pas de loups dans un pas de danse au pas de silence
Que ne vienne la vérité que j’ai du mal à digérer,
Que n’approche la mort en sortant d’une poche un crucifix
Pour m’éloigner de la vie, lui claquer la porte au nez
Pour que je n’aille l’accompagner et lui offrir la mienne.
Mais combien faudra-t-il en décompter
Pour essayer de toujours plus me libérer,
Si le temps m’était compté faudra-t-il compter
Sur ses humeurs pour essayer de me raconter
Ce n’est jamais le bus qui est toujours en retard
Mais les horaires qui sont toujours les plus vantards.
J’attends dans un souffle guerrier que ne me fouette la destiné,
Qu’elle me frappe d’une épée pour me trancher de la réalité,
Qu’elle ne vienne m’absorber comme un aspirateur gonflé
À ras bord d’air pour m’envoyer comme un papillon voler
Par-dessus les fermes grillagés et les murs bétonnés bricolés
Par des mains usées de rouilles et du temps qui est passé.
Mais combien faudra-t-il en décompter
Pour essayer de toujours plus me libérer,
Si le temps m’était compté faudra-t-il compter
Sur son honneur pour essayer de me raconter.
Ce n’est jamais la désirée qui est toujours en retard
Mais les miroirs qui sont toujours les plus vantards. .
J’attends dans le secret que la peur ne vienne me désirer,
Que ne vienne m’enlacer pour casser ce que j’ai commencé,
Que ne vienne m’embrasser pour effacer ceux de ma dulcinée
Alors que je cours pourtant toute la journée au chevet lié
De l’horloge qui ne cesse sans cesse de continuer de trotter
Comme au galop les chevaux qui disparaissent dans les prés.
Mais combien faudra-t-il en décompter
Pour essayer de toujours plus me libérer,
Si le temps m’était compté faudra-t-il compter
Sur ses rondeurs pour essayer de me raconter.
Ce n’est jamais l’été qui est toujours en retard
Mais les désirs qui sont toujours les plus vantards.
J’attends dans le secret la force des spasmes d’un orgasme,
Qu’arrive comme une chienne une chaine pour me dissiper,
Qu’elle ne vienne se prostituer pour mon restant de virilité
Pour me faire ce que ça fait d’être aimé par un enfoiré,
Pendant que la mort lors d’une veillée grogne à la porte
Il y a dans l’espace l’odeur du désir que me rend inerte.
Mais combien faudra-t-il en décompter
Pour essayer de toujours plus me libérer,
Si le temps m’était compté faudra-t-il compter
Sur son humour pour essayer de me raconter.
Ce n’est jamais la majorité qui est toujours en retard
Mais les plaisirs qui sont toujours les plus vantards.
J’attends dans le secret toujours plus loin d’aller au coin
Pour que ne vienne le professeur me demander d’arrêter
De continuer de pleurer avec un bonnet pour marquer
Le souvenir qui me prend en autostop pour me piétiner,
En me jetant en cours de route sur le bord de la chaussée
Me fixant pour me donner une poignée de cacahuètes salées.
Mais combien faudra-t-il en décompter
Pour essayer de toujours plus me libérer,
Si le temps m’était compté faudra-t-il compter
Sur ses rumeurs pour essayer de me raconter.
Ce n’est jamais la mort qui est toujours en tord
Mais les désirs qui sont toujours les plus vantards.
Rocco Souffraulit, le 18/03/2011.
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