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MA BELLE MILOU... (442)

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J’avais inventé pour t’accueillir des milliers de kilomètres de rails
En provenance des sentiers battus parfumés de gousses d’ail,
Pour te protéger du pire et d’une blancheur pour te voir briller
À la descente au quai pour t’emmener en discothèque danser,
Faire perdre la boule aux fausses facettes tenues par des épingles,
Sourire dans un semblant, quand on se nourrit d’ennui, c’est pire que les soucis
Qu’on essaye d’oublier pour éviter de trop tirer une dernière latte sur la vie.

Ma Belle Milou, mouchoir de cachemire dans cet univers de fou,
Sache que ton parfum est l’odeur de l’alcool qui soudain me rend si saoul.

Dans ma caravane j’avais décoré la table basse avec une banane
Pour te faire marrer en te disant que c’est suffisant pour animer
La soirée en se racontant des choses idiotes devant la cheminée,
Construite en urgence, en carton, pour cramer des pneus réchappés,
J’ai même prévu de te demander de te déshabiller pour te faire l’amour
En te caressant succinctement pour commencer par te voir frémir
En me demandant de ne pas m’arrêter comme me suppliant te de faire jouir.

Ma Belle Milou, torchon de velours dans cet univers de fou,
Sache que ce que tu transpires, du regard, soudain me rend si saoul.

Mes lutins jardiniers ont mis sur pied, sur pilotis, un jardin d’orties
En chantant la joie de rentrer se doucher avant d’aller se coucher,
Des lupins ont été accrochés près de la porte d’entrée pour égayer
Ton arrivée comme on accueille les stars car tu es la reine de la soirée,
Les motoculteurs prévoyants ont décidés de m’aider pour marquer,
Sur le chemin, la route à suivre pour nous retrouver au cas où
Tu te perdrais entre des bras et te faire dévorer par un autre loup que moi.

Ma Belle Milou, hivernal été de coton dans cet univers de fou,
Sache que ce désir que tu suscites soudain me rend si saoul.

J’ai remis avec le malheur sur les starting-blocks le compteur,
Contrôler la température et t’arroser de douceur pour baisser la vapeur
Dès que le silence s’installera, quand le besoin d’aller sous les draps
Se fera sentir, dès que l’excessive violence arrivera à son apogée,
Pour nous faire vibrer les sens dans un chassé-croisé de liberté
En réveillant les morts de nos cris barbares comme ceux des fauves
Sous la lune s’arrachant la gueule pour faire du dominant le tout puissant.

Milou au corps de papier, qui dans la braise de la baise devient si fou,
Sache que tes mots plus forts que mes maux soudain me rendent si saoul.

Fougues, spasmes et démence pour la quatrième dimension de l’errance,
J’en tremble tellement la tristesse de ma propre réalité devient si rance,
Je pleur et j’ai mal de partir dans un pays en noyant de l’abondance
De mon amour le sol de notre voyage pour en faire un tapis rouge,
Te faire princesse blanche souillée par le coup de mes hanches
Quand tout n’a plus d’importance si ce n’est de partager la transe,
La folie de continuer de s’aimer pour s’ouvrir à l’autre comme l’évidence.

Milou au cœur d’or, qui se libère dans notre curieux univers fait de peur,
Sache que mes sentiments sont au-delà du furieux plaisir qui nous dévore.

Rocco Souffraulit, le 21/03/2011.