Terrien d'occasion
C' est une zone noire dans l'aube de la nuit, le vent souffle ses sifflements puissants.
Je m'engouffre dans l'antre.
Dehors la fraîcheur frappe, ici une tiédeur flotte dans l' air huileux de sensations.
Après, une péripétie journalière de marche et d'enjambées, le calme et un sable fin accueillent mon repos dans un relâchement appréciable, les rafales cinglantes ne se font plus entendre tandis qu'en surface claquent en mouvements les mugissements et les emportements des lieux marins, je m'enfonce paisible entre des murs épais d'obscurité totale et dans l'extase de l'interdit de ma présence nocturne.
Je ne vois rien et tranquille dans mon sac de couchage, protégé du monde et du jour, j'ai perçu un objet que je devine métallique de composition et pris d'humidité, reliquat certain d'une visite du jadis, squelette gisant, boite vide plantée dans le sol primitif et qui finit vitalement.
Je devine l'enveloppe de rouille rongeante qui depuis longtemps a érodé toute trace significative, cette carcasse reste d'un passage humain me relie à la civilité dans ce temps de janvier, où claironne la lune indifférente au voyage des nuages tantôt constaté et aux myriades d'étoiles qui la cernent souverainement dans l'infini perçu.
Elle occupe ma pensée dans sa jaunisse céleste, moi qui ne peut la voir d'où je suis, j'imagine fondu d' engourdissement sa portion lumineuse transparaître magique sur le plafond rudimentaire de ce souterrain rugueux.
Au fond de ma terre, lumineux d'esprit et d'accomplissement, j'étire mon âme vers la fin des choses dans l'ensomeillement venant.
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