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Ce n’est pas ce soir encore durant lequel sera programmé ce voyage lunaire
Pour aller cueillir un bouquet de fleur des prés en l’offrant à l’amour
De ma vie, si bancale, car je cherche depuis toujours à faire des miracles
En mettant tout mon cœur sur un socle pour lui faire enfin comprendre
L’oracle de perle de chance exquise que c’est de pouvoir s’évanouir,
Face à l’épreuve du temps à ses côtés, pour le plaisir par amour de mourir.
Je rêve tellement de toi en douceur que j’ai peur de m’user prématurément
Et j’ai si peur de trop m’user que je vais finir par rêver définitivement.
Ce n’est pas ce soir encore durant lequel sera programmé ce voyage polaire
Me servant d’épreuve me permettant de prouver que je mets tout en œuvre,
Pour décongeler les calottes glacières en te les apportant dans un verre,
Pour te faire fondre de fraicheur en te rattrapant avant de te noyer dans la mer
De la solitude face à la glace où tu te prépare pour si divine te faire plus belle
Que celles affichées dans les magazines et surtout quand tu reste naturelle.
Je rêve tellement de toi en douceur que j’ai peur de m’user prématurément
Et j’ai si peur de trop m’user que je vais finir par rêver définitivement.
Ce n’est pas ce soir encore durant lequel où sur les trottoirs des sombres rues
Jailliront des ordures les fantômes mouvants disloqués de la mort absolue
Pour errer vers les âmes perdues aux idiotes idées, ainsi que les plus biscornues,
À l’humanité déchue, faite de bien trop de mal pour en apercevoir tes vertus,
Quand tu t’avances dans le vent et les cheveux ardents pour t’enflammer si nue
Avec la beauté charnue de ton corps défilant comme une invariable absolue.
Je rêve tellement de toi en douceur que j’ai peur de m’user prématurément
Et j’ai si peur de trop m’user que je vais finir par rêver définitivement.
Ce n’est pas ce soir encore durant lequel un homme me jouera du trombone
Pour m’accrocher à ton image de reine ni même un saxophone monotone
Pour me faire autant souffrir comme tu sait si bien le faire avec ton sourire
M’étant destiné et que je ne peux approcher malgré le fait de vouloir venir
Te le voler pour le placer au plus secret de mes entrailles et le cadenasser
Pour le garder prisonnier plutôt que de savoir en liberté et le laisser s’envoler.
Je rêve tellement de toi en douceur que j’ai peur de m’user prématurément
Et j’ai si peur de trop m’user que je vais finir par rêver définitivement.
Ce n’est pas ce soir encore durant lequel je partirais loin de l’hexagone
Pour déplacer en montgolfière les frontières de ma petite existence,
En traversant le son et les orages pour aller au-delà de la couche d’ozone,
En me rendant compte du reste devenant pour le moins sans importance,
Ce n’est même pas à cet instant où je délivrerais le sel de mes baisers
Pour le laisser se poser sur ton corps tout entier, en faire un désert nacré.
Je rêve tellement de toi en douceur que j’ai peur de m’user prématurément
Et j’ai si peur de trop m’user que je vais finir par rêver définitivement.
Rocco Souffraulit, le 09/04/2011
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