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EXQUISE IVRESSE DE PARFUM DE SOLITUDE... (480)

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Posée à l’ombre des fougères contre un poteau proche d’une rivière,
En comptant sur l’aide de la frontière du soir pour ne pas s’y endormir,
Elle regarde et gratte dans sa mémoire les visages cachant son grand soleil
Pour y chercher dans ses pelotes des nuages s’évadant d’une corbeille
En forme de bâtons et de tridents, faire d’un cauchemar un chariot d’étoile
Pour la conduire au stand féérique des recyclés d’une décharge,
En faire pour une vie toute entière un témoin de rêve et de songes étranges,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir la tête dans un sac.

Les comètes ondulantes telles des serpentins se colleront sur son visage
Comme un sourire d’enfant innocent dessiné avec des gommettes
Sur le mur taggué par ses succubes désormais enfourchées dans le noir,
Elle s’avance au bord du port pour voir si ce n’est pas un mirage
D’observer ce phare s’allumer, pour la guider sur les pas de ces ancêtres,
Alors que son amour pour le parfum des fleurs, dans les marécages,
La retient prisonnière avec une plume pour le décrire dans ses lettres,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir la tête en vrac.

Elle dévore des baies de fruits sauvages à pleine bouche
En jouant la tierce des garces en se prenant pour une biche
S’envolant dans un monde où les fées seront princesses,
Et les saintes Morues électriques seront si diablesses
Que les prières sonneront comme des fausses promesses.
Elle découvre son balcon pour boire du bout des poumons un bol d’air
Rentrant comme un esprit dans son axe pour la propulser vers le désir,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir en se noyant dans un lac.

Ses rondeurs philarmoniques situées dans le monde de la peinture
S’inscrivent sur une toile qui se froisse quand on s’en approche,
Et si c’était celles des lettres alors ce serait surement dans l’écriture
Que les hommes se plongeraient pour faire trois fois le tour de la terre
En s’avouant que le plus beau des paysages est inspiré par cette femme
Qui emportera, quand cessera de respirer, les roses qui déjà pour ça se fanent
En plongeant la planète et ses esclaves dans un jardin orchestré par l’automne,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir la tête dans un sac.

À l’ombre des concombres synthétiques et grumeaux chaotiques,
Elle voyage à cheval dans ce tunnel pour rejoindre ses actes inachevés
Situés aux portes d’un hôpital psychiatrique où l’on se baigne dans la sueur,
Au chevet douteux des yeux lumineux d’une tour de contrôle
Avec un cardiogramme fringuant perdant l’écran du self-control.
Dans l’univers ses gestes à l’infini petits devenant si grands maintenant
Qu’elle part pour s’y recueillir et revenir pour dire que là-bas vivre est meilleur.
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir la tête en vrac.

À mi-chemin entre un épouvantail à la peau de corail,
Habillé d’une cote de maille aux écailles qui s’écaillent,
Et la force vertigineuse d’une machine sauvage en pleine Camargue,
Au regard rempli d’une boule de feux scintillant depuis l’espace,
Elle court après le lait se déversant d’un des versants de la rigole
Se levant pour pointer la cause des exigences d’un sex-symbol
Inondant la plus ouverte des offertes de ses délicieuses paraboles,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir en se noyant dans un lac.

Elle se déclenche en plein périple, au cœur de son propre périphérique,
Où les anges passent pour l’emporter là où personne n’ose mettre les pieds,
Comme si en revenir était plus compliqué qu’en deltaplane y atterrir,
Et ses vipères audacieuses la rendent folle en devenant douloureuses,
Trop amoureuses pour faire d’elle un démon perdant le fil de son histoire
Humectée de salive pour coller sur une enveloppe destinée à se déchirer
Quand la pluie tombera pour la noyer de beauté dédicacée par sa pureté,
Pour s’enflammer si chaude comme une allumette que l’on craque
En s’éteignant pour s’assoupir comme s’étourdir devant une bombe qui éclate.

Rocco Souffraulit, le 27/04/2011