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Calamité Jeanne...

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Tu penses façon photomaton écrire des livres aux clichés borderlines
En provoquant le pire des encarts tatoué sur l’oreille d’un journal,
En te servant comme arme l’âme du slam avec la larme à l’œil de ta plume.
Tu sais que je sais que tu ne feras pas du gras avec ta déferlante intestinale
S’installant en ouvrant ton cœur pour recouvrir de noir la blancheur
D’un petit laid que tu froisse quand tu croise de raison tes terreurs,
En renvoyant les diables, les crabes, les rois et les fous dans leur lit d’hôpital
Avec l’excroissance de tes connaissances aussi reculées que le Neandertal.
Tu es tellement plate que de ton canal lacrymal coule de l’eau minérale
Et la beauté de tes idées électorales te donne un sex-appeal colonial.

« Calamité Jeanne » est le surnom que t’as soufflée ta profonde vallée
Et tes parents ont souhaités t’appeler Germaine à la place de Suzanne
Car c’est toujours plus sûr de faire local que de te nommer Louisiane,
La logique, l’expérience, pour eux c’est l’essence essentielle pour exprimer
Son existence avec la présence de la chance pour marteler son impuissance.

Tu rêves d’un soleil ancestral dans le vent délicatement orchestral
Contre les volets de ton cabanon de location aux allures méridionales,
À l’érotisme d’une centrale nucléaire au cœur poussé à son paroxysme,
À l’esthétisme d’une cage à poule au sol argileux faisandé pour l’exotisme
Et ton style d’écriture a toujours été aussi mauvais que le paludisme.
Tu souhaites faire l’amour pour réaliser enfin ton pionnier fantasme
Et balayer de chez tes pires amis la jouissance de leurs sarcasmes,
Ceux des chignoles et des pelleteuses seront le cri de tes orgasmes.
Sincèrement on peut franchement pas dire que des filles tu es la plus jolie
Mais t’as plus de charme que les cadavres tapinant dans le froid de Paris.

Tu te parfume au persil, provenance direct au détour de Bali, de la havane
Et tes cheveux sont soyeux comme les arbres filandreux de la savane,
Cet endroit qui pour toi était au départ un gâteau d’éponge industrielle
Pour pleurer l’absence d’amour de l’ancêtre de ta racine paternelle.
Tu pousses tes limites obstruées par les murs de ton petit bac à sable,
En rageant contre tes classeurs de l’enfer du pire avec un air animal,
En écrivant tes sorcières ne laissant que de trace sur tes mains sales
L’encre bleutée du ciré du succès limogé de la bille que tu roule.
Généreuse tu t’offre le luxe d’un voyage sans t’encombrer de bagage
Car les seules valises que tu possèdes tu les promènes sur le visage.

« Calamité Jeanne » est le surnom que t’ont donné les barbares
Au panthéon de l’accordéon et Horner au firmament pour eux de l’art,
Claude François représentant éclairé privilégié pour eux du mauvais sort,
La musique pour tes parents c’est l’essence essentielle pour exprimer
Sa présence avec l’arrogance de la chance pour peu que ça puisse marcher.

Tu te vois déjà sur le dos d’un cheval gris qui te dit « oui c’est pour la vie,
On ira faire le tour de la terre, jour et nuit, comme deux incompris »,
Avec sa crinière en flamme pour lécher le cuivre laiteux du ciel
En dormant sur une plage de coquillages disant bonjour à la mer.
La tendresse, pour moi, chez toi est un camp militaire entouré de grillage
Électrifié pour faire taire les enfants tentés de s’impatienter à l’âge
Où l’on a pour projet d’avenir celui d’être grands pour voir plutôt petit
Ce monde pourri où tant de grands enfouis rêvent qu’ils s’enfuient.

« Calamité Jeanne » est le surnom que t’as soufflée ta profonde vallée
Et tes parents ont décidés de te choyer car pour certains tu étais supposée
Être la porte d’entrée pour accueillir le câble de futur jusque dans le pré,
Mais la réalité pour eux c’est l’essence essentielle pour exprimer
Son rejet tout en faisant croire qu’il est parfois plutôt bon de l’oublier.

Rocco Souffraulit, le 01/04/2011.