
Ferme les yeux, ferme les yeux pour éteindre la lumière,
Bébé ferme-les tant que tu peux jusqu’à ne plus te supporter
Devant la peur du noir et tes portes du malheur deviennent si lourdes,
Face à ta sereine volonté soudaine et muette au point d’être sourde,
Que mes esprits vont clouer de charnières rouillées tes envies de crier
Pour ouvrir la fenêtre accouchant d’un juste filé pour me voir passer,
Tel un homme sans tête, sans arôme, au corps à la blancheur de chantilly
Pour même dans l’ombre que les fantômes puissent briller, se présenter,
En confondant les aimants du macabre avec un autre lointain pays.
Ferme-les mais attention à ne pas trop les coller car l’écriture
Ne pouvant pas se partager pour se propager est destinée à mourir.
Monte à fond la sono, tes enceintes pour la mélodie du silence,
Pour qu’elle s’installe comme un nouveau né dans son berceau,
Avec crickets ou bien grillons suivant la région en fonction stéréo,
Tickets ou encore papillons entiers poinçonnés pour nous éloigner.
Tamise avec la passoire ta mémoire pour laisser voler ta poussière,
Ta farine ton sucre ou n’importe quelle poudre te servant de drogue
Restée dans le placard depuis des lustres de nos années lunaires,
Entre les blattes et tes cafards te poursuivant depuis toujours,
Depuis que tu as découvert que tes parents étaient éphémères.
L’improvisation n’étant pas terminée c’est pour cette unique raison
Que tout est si parfait selon l’auteur qu’au butoir tout deviendra mauvais,
Au point cardinal inventé pour mettre un terme à ses sincères hésitations,
Poignardant le poitrail pour prendre dans leurs mains le cœur encore battant
Comme une vielle décharge, usine à écrire vidant de lettres son contenant.
Au passage, avant de mettre un terme à cet insistant de déchirement,
Je pensais que cela puisse être une excellente idée de me prosterner,
Même si tout s’oubliera, telle une femme en s’engouffrant dans le vent,
Je parle et maintenant je n’ai plus le temps et tout le monde est content.
Ferme les rideaux, ferme les rideaux pour voir grimper tes chats noirs,
Bébé ferme-les car s’il te plait car tu es la seule et digne propriétaire
Pour créer d’un trait certain aux mots incertains de belles histoires,
Et les plus laides que depuis ta belle enfance tu refuse de connaitre.
Le liquide séminal dévalant un bouquet de coquelicots ici s’humecte
Tel le parfum d’un joyau de femme où tout autour tournent les insectes,
Des hommes pressés qui déjà d’envies de la baiser si fort s’en délectent,
L’acte d’amour pour sentir ses sens s’évanouir est le plus beau des infectes
Dans la mesure où la norme humaine du partage de s’épanouir se respecte.
Ferme-les mais attention à ne pas trop les coller car un art
Ne pouvant se partager pour se propulser est destiné à mourir.
Monte à fond la sono, tes enceintes pour la mélodie de l’absence,
Avec ce cerveau sachant marcher faisant de tout homme sa virilité,
Laconique où la mécanique mélancolique reste parfois platonique,
Pour s’égarer dans la transpiration épaisse en tombant d’ivresse
Devant un profond quelconque en armant l’émotion volcanique.
Si ce n’est pas ça nous donnant l’envie d’ouvrir notre cartable,
Apprendre ce qu’est d’aimer, je ne vois pas ce qu’il y a de moins raisonnable.
Les cygnes se posant sur le bord des lignes vaseuses et arrondies
Te laissent le temps de te reprendre, boire un bol de souffle,
Pour garder un pied dans l’air aux rondes pierres et prés fleuris.
Ferme-les mais attention à ne pas trop les coller car la peinture
De l’écriture ne pouvant se partager et vouée à s’essouffler à jamais,
Ferme-les mais attention à ne pas trop les coller car la mort de l’art
Ne pouvant s’expliquer empêchera cette liberté d’aimer de survivre.
Ludovic Auboeuf, le 02/05/2011
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