Quelques goûtes de puie sont tombées sur la terre desséchée que les paysans sillonnent, désespèrés par avance. Les prédictions d'avenir sont mauvaises, les récoltes seront pauvres, la faillite guète les petits au tournant, consommateurs, cultivateurs.
L’ergot de seigle de la famine a mené les sorcières au buché, puis de charniers en tranchés, les nations préparent leurs prochains sacrifices. Il faut encore des hommes pour racheter les craintes, des crimes sanglants, des corps sans visages jetés au fond des océans pour satisfaire à la repousse des dents des requins.
Voici deux mois que des larmes brûlantes descendent des nuages. Le feu et l'eau se sont unis. Les flammes couvent leur progéniture au milieu des carcasses des baleines du pacifiques où rouillent les harpons des toréros de la mer.
L'animal indomptable s'est emballé dans l'arène, le rond rouge du drapeau de l'aurore, tel une tache sanglante, ne cesse de s'étendre. Les prédictions d'avenir sont mauvaises. Nous n'avons d'autre choix que d'apprendre à muter, de n'être plus du bois qui puisse se consumer.
Et encore un espoir: que cette leçon vaille.
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