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L’OISEAU BLEU… (624)

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Je me souviens qu’hier, dans les profondeurs d’une vie antérieur,
Je fus cet oiseau de cire d’un bleu exquis pour me confondre
Avec le ciel, les rivières, le soleil et parfois même le sel de mer
Nourrissant la plage pour caresser du pied le sable du bonheur.

Je me remémore parfois que je fus naguère un navire étranger
Flottant sur les nuages pour aller au-delà des larges frontières
Marquées sur une carte, mais qui je te jure n’existe pas en vrai,
Tellement c’est bon de voyager sans avoir la crainte d’y rester.

J’ai traversé tellement d’hiver, de plaines, de rochers et vallées
Que mes plument ont encore l’empreinte de la liberté d’aimer
Être un mec n’ayant que pour seul pouvoir celui de rien avoir
En m’en délestant pour me dire que les objets sont sans valeur.

J’ai croisé tellement de cœurs, tellement de fleurs, de brèches,
Approché tellement de femme que j’en ai encore la peau rêche.
Si l’usure du temps était un pinceau il tremperait dans la couleur
De l’espoir m’emportant à tout jamais vers le sang d’un amour.

Je me suis tellement distingué, du reste de mes proches congères,
Qu’aujourd’hui j’ai l’air à part comme si faire parti d’un groupe
Était une chaine accrochée, le long de mon cou, pour me retenir
De partir en pensant que revenir serait la pire de mes erreurs.

J’étais encore à l’état d’oiseau pour te faire lever le museau
En me regardant chanter avec, dans la voix, une goutte d’eau
Parcourant la terre, le matin, quand la nuit laisse le plus possible
De place aux rayons courageux rendant ses fantômes risibles.

Je n’étais pas méchant, juste armé pour calfeutrer ma sensiblerie,
Alors que dehors mon univers prenait une fière allure de porcherie
Dans laquelle l’ivresse diffusait tout son sens, seulement sur la paille,
Auprès de la mort guidant les âmes avec ses pas, ses bottes en ferraille.

J’étais hier comme un enfant oubliant, une fois plus grand, d’être
Ce qu’il était comme si le souvenir n’avait plus de marche arrière.
Pourtant je me rappel des moindres défauts parsemant ta peau
Comme si cette imperfection était celle rendant l’homme aussi beau.

J’étais, paraitrait-il, un fou cosmique à cent millions d’années lumière
De la vérité pour prendre la direction de ceux follement amoureux
Quand de leurs yeux regardent la vie, grandissante pour abattre l’enfer,
En cherchant la meilleure attitude pour me faire adopter par ton cœur.

Ludovic Auboeuf, le 09/09/2011.