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PLAIDOIRIE DU FOU DEVANT LA MORT… (703)

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Un ours ténébreux, barbare et proxénète, prostré dans ses cabinets,

Dans un monde adipeux contemporain, contemple son avenir

En ouvrant les volets pour laisser passer un rayon de gaieté

Parfumé d’essence venant d’un sentier battu, bétonné, et éloigné

Du quartier où les enfants se servent, pour s’occuper, de seringues

Vidées par l’occupation de la pauvreté disant bonjour aux épingles tirées

D’une salope, traits marqués, cachant dans son anus un fusil chargé

Servant de pompon au premier, pour te tuer, voulant s’en emparer.

 

Voilà ce que viennent de trouver les docteurs occupés à se pencher

Sur mon corps inanimé fait de graisse que la vieillesse peine à gommer.

Avant de donner mon âme, au diable, et mon cerveau à la science

J’aurais du garder gravées, au fond de ma mémoire, les confidences

Déversées par les frustrations d’un cœur méritant me faisant confiance.  

 

Un navire marchand, marchant vers l’incognito placé sur l’ouest,

Ouvre ses voiles pour, chercher son élan, voler comme un goéland,

À l’endroit même où les cadavres de ses congénères boiteux

Préfèrent venir se reposer plutôt que d’alimenter le foyer d’un feu,

Aux flammes léchant jusqu’au sang les corps des femmes oubliées,

Dès que sortent les loups le soir sous les fenêtres d’une envie de baiser

Rien que pour le plaisir d’en souffrir quelque soit la somme demandée.

Selon la posture désirée le vocabulaire utilisé sert aussi à se défoncer.  

 

Voilà ce que viennent de trouver les docteurs occupés à se pencher

Sur mon corps inanimé fait de tendresse que la vieillesse peine à gommer.

Avant de donner mon âme, au diable, et mon cerveau à la science

J’aurais du garder gravées, au fond de ma mémoire, les confidences

Déversées par les frustrations d’un cœur méritant me faisant confiance.  

 

Un solstice d’hiver, sur un ulcère, se penche bien décidé à franchir

Le sommet d’une chienne montagneuse, pointant ses seins enneigés

En direction du ciel pour y voir s’empaler des hérétiques frigorifiés,

Grelotant parfois plus fort qu’un homme se mettant à trembler

En découvrant une femme, ouvrant ses cuisses, le laissant passer

Dans la folie soyeuse que les porcs considèrent comme visqueuse,

Arme affutée à la lame crantée aussi dangereuse qu’une disqueuse

Furieuse d’être à la découpe de matières essentiellement osseuses.

 

Voilà ce que viennent de trouver les docteurs occupés à se pencher

Sur mon corps inanimé fait de paresse que la vieillesse peine à gommer.

Avant de donner mon âme, au diable, et mon cerveau à la science

J’aurais du garder gravées, au fond de ma mémoire, les confidences

Déversées par les frustrations d’un cœur méritant me faisant confiance.  

 

Une bouteille de liquide amniotique sent monter cette ammoniaque

Rendant un nouveau-né, une fois poudré, à tout jamais amnésique

Se demandant si, devant les étoiles se présentant, finir insomniaque

Ne serait pas mieux tellement la nature donne de l’air pour respirer,

Tellement se troublent les sentiments impuissants pour provoquer

L’ouverture des portes de cet injuste milieu carcéral dans lequel

Une mamelle est pliée, pour se mettre en quatre, par l’instinct maternel

Priant que perdure cet instant avant de finir par un adolescent rejeté.

 

Voilà ce que viennent de trouver les docteurs occupés à se pencher

Sur mon corps inanimé fait de tristesse que la vieillesse peine à gommer.

Avant de donner mon âme, au diable, et mon cerveau à la science

J’aurais du garder gravées, au fond de ma mémoire, les confidences

Déversées par les frustrations d’un cœur méritant me faisant confiance.   

 

Ludovic Auboeuf, le 06/12/2011.