Je
suis peut être un mouton mais ni noir ni blanc mais bien
multicolore, psychédélique, plantureux et avec des dents d' aciers
aiguisé de morsures, une cervelle d'aigle royal aux circuits
accidentés et un sens rusé comme un renard alpin, j'ai des yeux
vifs de myope caverneux creusant toujours dans la nuit la tombe
réconfortante.
La
vie minable accable mais le soleil invite à la promenade, je suis
sorti du monde parqué, des parkings des arrangés de la circulation
foireuse du périphérique alambiqué.
Le
tunnel des fumées me fait tousser, alors je me suis poussé au bord
de tout comme ça pour faire bisquer ma tête fermée, alors j'ai
pris en face le bleu solaire, l'infini qui court loin haut et bien
au-delà de ma tête fermée, je me suis tu dans les douleurs fortes.
J'ai vu ouvrir mes sens comme un coquelicot sur une pente de prairie.
Et puis j'ai vu ma respiration bâtarde prendre à court le long
tourment qui m'enveloppait et hop je suis libre des horreurs. J'ai
nagé dans la partisane senteur des évadés, je me suis vu crapaud
sorti de la mare pour connaître le fond de la vie et un lac délicat
placé sur mon chemin comme une chance sexuelle.
J'ai
l'éclat des désirs qui me fait chevalier de fonte dans les
armoiries des missionnaires volontaires pour faire un tour dans un
pays morbide de mentalité, le Mississippi conservateur ou la couleur
de peau est un malheur de veau.
La
serpillière des sentiments plante l'eau usée comme une fin de
monde.
Je
fais école à part comme un philosophe vrai de vrai un partisan
d'Onfray,
Un
débrouilleur de lumière, un allumeur de rats. Je vis dans les
broussailles, le vent et les pensées érotiques.
Des
anges chantent et des plantes poussent.
Je
fais des tours dans les rêves parce qu'ailleurs c'est pas ça.
Je
me prend comme chamane, je claque des mots comme des portes ouvertes.
Et
voilà le vrai monde vient, le doux du ciel m'entoure en sensation.
C'est
du bonheur de toucher des circonstances, des réconfort d'esprits.
Les
décombres m'entourent comme des entraves de tranchée dans une
guerre lasse.
J'écris
pour voler, pour combler, pour planer, je suis un mouton moulinant
des paroles qui chevauchent les nuages dans la clarté lunaire à la
bonne heure magique !
Ouais !
Ouais ! Ouais !
Je
suis mouton et parle sans rage comme un cœur clair.
Je
casse des routines et vois le ciel qui m'entoure dans l'infini de la
vie !
Des
arbres cocasses me servent de cible pour vivre dedans sans mélancolie
humaine, bête comme un savoyard écrémé je m'entête militairement
à prendre ombrage des jeux perdus, animal je cours les reniements
rutilants, comme un fauve en rut, comme un faune en route pour
l'allée des platanes en Bretagne où se dénudent des jeunettes
chaudes comme des oiseaux brutaux.
La
justice se joue sous les chênes où dansent les lutins fiers et les
fées délurées.
J'ouvre
mon corps à la partition des rencontres neuves comme des fleuves
éternels
Ailleurs
j'irai pour plaider les plaidoiries sur les voiries manifestes, celle
où marche du monde dans des continents anciens et parallèles si
beau à visiter dans des états seconds et réconfortant.
Les
peupliers chauves du fleuve Mississippi m'assaillent de fleurs
lumineuses cueilli d'un regard dans un soir calme ou le soleil fort
comme une lame grise les feuilles d'une clarté argentine.
J'ai
vu les meurtres et les folies j'en fait des lanternes pour cramer la
trajectoire des perdus, je m'envole loin des volcans puissants
crachant l'amer résultat des entêtés.
Je
suis un mouton qui couvre les toits de pas comme si les toits étaient
des plateaux d'herbes où les tuiles figurent un aliment solide pour
un estomac solide d'appétits nerveux. La ville de pierre est un
enfer courtois où se noie l'animal éduqué.
Dans
un précis de philosophie je fais un gigantesque appel religieux
d'essences lumineuses, l'échange m'arrangera le cœur comme une
rencontre savoureuse, les histoires lues donnent des songes de
luxure.
Je
suis un mouton fourni de coloris mauves, jaunes et vermillons, oui je
suis un étendard étendu comme un drap d'amants qui a vécu.
Je
vais étourdir ma raison finie d'une lance pensée à demi-nuit dans
un sommeil d'éveil !
Je
vais crever ma candeur morte d'une nouvelle vie, la nuit m'est un
feu !
Je
m'y mitonne un festin d'amis
ça
brûlait toujours comme une vie persistante
Pages