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Contes du soltice

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Il était une fois par une chaude journée quelconque, une sorcière très vilaine et très très colérique, vainement prés d’une rivière asséchée, elle cherchait un crapaud purulent pour parfaire une recette destinée à ne sais-je quel mécréant et vils personnage cependant très riche car la vieillarde vendait à prix d’or ses potions maléfiques au-delà de toute description.
Dans ses guenilles fumantes et couvertes de verrues cuites, car la vielle n’avait réussie jusqu’ici qu’à déranger un dragon pacifique surtout quand il dort, mais tout de même, une sacrée bête ! A ne pas réveiller …
Elle s’en allait donc, grincheuse et à demi carbonisée quand elle vit un être vêtu de blanc sortir proprement de terre :
« Bonjour madame » dit ce garçon poli.
« Bonjour ô mon prince » articula-t-elle alors que cette vision inattendue avait rendue sa bonne humeur méchante à cette déglinguée des forêts qui se souvint à l’instant qu’elle n’avait plus mangé de chair fraîche depuis au moins une décennie.
« Dessine-moi un glouton s’il te plait » pria le bel enfant. Sur ce la femme s’empara d’un bâton aussi tordue qu’elle et parvint à tracer une forme sur le sol sec, une sorte d’énorme bonhomme. Aussitôt qu’elle eut finie, le bambin sage fit un geste de la main : Et soudain le dessin s’anima et pris corps : Un monstrueux glouton des sables, rond comme tout, et vorace comme il se doit se jeta sur sa créatrice et goulûment la dévora. Pendant ce temps le petit diable disparut.

Une autre fois dans un château lointain, lointain, une princesse en attente d’un prince charmant rêvait, mais son père autoritaire, ogre de surcroît ce qui nuisait considérablement à sa réputation, à son caractère et à sa vie sociale l’avait enfermée dans un donjon haut si haut que des nuages en permanence empêchait la belle de voir à travers les barreaux. Aussi déprima-t-elle continuellement. Elle tournait dans son gratte ciel pierreux comme une toupie de chair mélancolique et obsolète. Elle maigrissait et dépérissait à longueur de journée.
Un soir qu’elle pleurait infiniment et que l’eau de ses larmes faisait une avec le bruit de la pluie, une bête se tint dans l’embrasure de l’œil de bœuf : C’était un aigle royal, majestueux et imprévu.
« Bonsoir, damoiselle de la tour » fit l’emplumé d’une voix grave.
Rien, ne fit la jeune fille, n’en croyant ni ses yeux bleus, ni ses oreilles délicates et pensant que la folie venait la visiter sous l’apparence bavarde du roi des oiseaux. Elle ne reprit ses esprits malades que pour couler de plus belle sous l’œil puissant et inutile du volatil d’envergure.