

Je veux dire des choses, c'est le moins
que je puisse, dire des êtres c'est trop long.



Cet enfant là, tu vois,
Il se cueillait des fleurs
Avec ses petits doigts
Et avec son gros coeur.
En me voyant dans l'herbe,
Lézardant au soleil
En conjuguant un verbe
Qui rime avec le ciel,
Il est venu vers moi,
Et m'a tendu ses fleurs
Dure, la vie est dure, elle est haute
comme un mur, chaude comme un four, mieux vaut fuir, sans attendre
que la braise te chauffe de près le cuir, mieux que le rêve Y'a pas
pour parrainer sa folie d'une quintessence d'idées joviales.
J'ai chuté de jamais si haut, j'avais
cru passer un caniveau, et n'ai pas vu le gouffre de ma tendresse, et
la chute continue comme un manque qui me nargue jour et nuit comme
une plaie qui se plaît à s'étendre, j'avais vu un haut drapeau qui
m'attendait comme un sommet à étreindre, j'ai mis mes pas sur un
sol qui s'est fendu, j'ai mis mon cœur dans des mains glissantes
soudainement...
Tant de temps d'illusions, de printemps
durables qui se font la malle par un tour du diable.
La ville s'échappe par travaux, ce qui
change gronde comme une bête qui s'éveille, elle n'est pas mienne
la ville, elle est une tanière d'un monstre, j'y suis dans une
fange, un marécage d'émotions, des bousculades et des effarements,
voilà ce que j'ai pris de la ville qui me claque sa folie.
Des rappels de commotions, de
stagnations, c'est une nature morte qui fait feu d'artifices.
Je me souviens d'un voyage, une
aventure, une plongée fraîche, à l'époque volonté d'une
traversée avec une force de vie dans les pas, sans crainte par
jeunesse, sans crainte par allure, dynamisme propulsif avril 1990,
être ailleurs par dépaysement, le voyage comme source ouvrir sa
tête au ciel, les poumons dans la marche, la rencontre une fièvre,
la Jamaïque jungle humaine, balancement des cris dans des prises de
risques. Un tourbillon autour de vies violentes.
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