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Le blog de Fox

A la table du temps qui passe....

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C'est jour de soupe à la grimace
À la table du temps qui passe
Où l'on avale de travers 
D'être un jour bouffés par des vers...

Venez nombreux et prenez place,
Chacun pourra laisser sa trace
En se mangeant tous ses revers
Depuis l'entrée jusqu'au dessert.

Ne prenez pas de carapace,
Ça pèse lourd avec la glace
Et ça empêche qu'on digère
Un reste du repas d'hier.

Ici venez dans votre crasse
Et sans y mettre aucune classe,
Ceux qui ont la tête à l'envers
Sont des clients prioritaires.

La poésie n'est rien

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La poésie n'est rien
Qu'une voie intérieure,
Et elle se fout bien
D'avoir mille lecteurs.

La poésie n'est rien
Qu'une chanson qui pleure
Au milieu du grand rien
Qui fait les beaux-parleurs.

La poésie retient
Et délivre les heures,
Elle est ce va et vient
Qui prend tout à hauteur
Et qui n'attend plus rien
Qu'un mot sorti du coeur
Pour cracher des demains
À ses propres couleurs.

La poésie n'est rien
Qu'une question d'odeur,
Celles qu'ont tous les chiens,
Celles qu'ont les voleurs
Lui vont tout aussi bien
Que n'importe quel leurre.

La poésie n'est rien
Qu'un voyage intérieur.

On s'en trace un chemin
Sur la ligne du coeur
Au milieu d'un jardin
Où les mots sont en fleurs,

La poésie n'est rien,
Si ce n'est le moteur
Qui entraîne la faim
Sur la voie du meilleur.

Et si ça tourne à l'inconscience

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Si je ramène trop ma science
Et que ça tourne à l'inconscience,
C'est que je dois suivre l'écho
De la voix qui porte mes mots.
J'ai trop bu l'eau de mon silence,
Trop navigué sur une absence,
Je ne trouve plus le repos
Que lorsque l'encre coule à flot.
Et quand un sentiment me tanse,
Quand il reste sur la défense,
Désormais je prends mon stylo
Pour l'inviter à parler haut,
Qu'il dise tout ce qu'il en pense
Et puis qu'il cède à l'exigence
En ne résistant plus aux mots
D'amour qui pèse sur son dos. 
 

Illustration d'un rêve à deux plumes, Un livre pour Fazasoma

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Alors voilà, nous l'avons fait, un livre pour Fazasoma, pour le sourire des enfants et pour garder le notre aussi, même si les temps sont durs... Ce livre réunit les quatre dessins-poèmes publiés ici, et d'autre évidemment, dans lesquels nous avons essayé de retrouver un peu notre âme d'enfant pour donner ce résultat... Nous le proposons à la vente pour 22 euros, sachant que sur chaque ouvrage cinq euros (c'est à dire l'ensemble des bénéfices) reviendront à Fazasoma...

Ils ont tué un Homme (A Chokri Belaïd)

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Tous les printemps rougissent,
Ils ont tué Chokri,
Ils resserrent la visse,
Mais il reste son cri.

Mais les Printemps reviennent
Toujours à l'avenir,
Et déjà quelques graines
Poussent jusqu'à Tahir.

Et de Tunis au Caire,
Tu chantes Liberté,
Que pourront-ils y faire ?
Tu marches poing levé.

Ils ont tué un homme.../...

C'est le plaisir de faire

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C'est le plaisir de faire 
Qui me force à me taire, 
Les mains dans le cambouis, 
Le cœur au doute, aussi, 

C'est le désir de plaire 
Et l'envie d'en extraire 
Autre chose qu'un cri 
Qui se perdrait ici. 

Sur les pages d'un livre, 
La ligne d'une rive 
Accrochée aux dessins 
S'ouvre sur le matin, 

Il n'y a plus qu'à suivre 
L'histoire qui délivre 
Et plonger ses deux mains 
Dans cet autre demain.

Guérir (Illustration d'un rêve à deux plumes)

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(Dessin réalisé par Plume)

Pour que les maux fassent silence,
On se cherche une volonté ;
On accroche un vœu à la chance
Et la plume à la liberté.

C'est un acte de résistance
À la marge et sur le papier,

Changer un peu les choses

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.../...

Il nous manquait un éléphant

Un éléphant de la Savane

Avait écrit au Père Noël

Afin d'avoir une cabane

Et d'y ranger tout son bordel.

 

Il avait trempé ses défenses

À l'encre de quelques ruisseaux

Et trouvé une écorce immense

Pour y poser ces mots pâteaux :

 

"À toi le fou d'Patagonie,

Toi qui fait voler ton traîneau,

Sache qu'ici, quand je m'ennuie,

J'essaie de construire un bateau.

Je suis l'éléphant Sidonie,

Et je n'ai pas d'éléphantaux

Alors évidemment ma vie

Cherche toujours pour un radeau.

Si tu pouvais, toi, le messie,

M'envoyer un de tes cadeaux

Jusqu'en terre d'Africanie,

Ça allègerait tous mes maux.

Si tu pouvais, dans ta Clémence,

M'envoyer comme un gros hangar,

Ça serait vraiment une chance....

J'attends ta réponse ce soir."

 

Je suis jardinier au pays des mots

Je suis jardinier au pays des mots,

Je viens y planter des pieds d'artichauts

Et j'aime enlever tous les asticots

Qui sont prisonniers, là dans mon râteau.

 

Je suis jardinier au pays des mots,

Moi je suis payé à souffler le chaud

Et le froid au nez de mes haricots

Pour qu'ils poussent bien, pour qu'ils poussent haut.

 

Être jardinier au pays des mots,

Oh je le sais bien, que c'est pas bateau,

Mais ça me convient, je crains tant les flots

Et mon pied marin n'est pas vraiment beau.

 

J'aime cuisiner la terre et son dos,

J'aime y raturer le sol et sa peau,

Et faire monter, au sein de l'enclos,

Le son d'un métier qui m'est tout nouveau.

Vous qui passez par-là...

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Vous qui passez par là, y'a un moment, des fois, que j'me dis mais pourquoi ? Pourquoi vous n'postez pas ? Y'en aurait pas un seul qui aurait de la gueule ? Juste des yeux pour voir, et pas de p'tite histoire ? Juste en main la souris pour mater le vernis ? Qui donc ? Qui donc ici n'envoie pas tous ses cris ? Qui se retient la tête ? Qui n'ose pas ? C'est bête. Il ne faut pas grand chose, pour envoyer la dose. Un stylo, un pinceau, la photo ou la gratte... L'envie de parler haut quand au fond ça nous gratte... Pardonnez-moi ces mots mais il fallait qu'ils sortent... Moi je suis grande gueule. J'ai cessé d'être morte

Sortir sa voile et s'échapper (Illustration d'un rêve à deux Plumes 2)

 

Sortir sa voile et s'échapper,

Laisser souffler le vent mauvais,

La mer à nos pieds qui s'étire

Accroche à la plume un sourire.

 

À la dérive, garder le cap,

La feuille fait comme une nappe

Où l'on dépose des agapes,

Des souvenirs qui nous attrapent.

 

Et quand nous voguons sur les flots,

Croisant soudain la bonne étoile,

À l'horizontale il nous faut

Monter à l'assaut de la toile.

 

Et bien en face, il faut des mots,

Pour voir dans l'eau quand on y nage,

Ouvrir son cœur aux idéaux

Et tendre une main de passage.

 

Ouvrir son cœur à tout jamais,

C'est l'acrocher à un nuage

Pour ne jamais le refermer

Quand tout nous pousse à l'abordage,

 

Ouvrir son cœur, jusqu'à la fin,

Et tant pis pour le temps qui passe,

Ouvrir le cœur, et nos deux mains,

C'est s'échapper de nos impasses.

Dessin réalisé par Plume.

Mener sa barque (Illustration d'un rêve à deux plumes

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Dessin à l'encre de Chine, réalisé par Plume

C'est le cœur d'un rébus

Qui nous porte à la vie,

Il ne faut rien de plus

Pour nous donner envie.

Et sur le fil de l'eau

L'embarcation précaire

Nous conduit, du ruisseau,

Au rêve interstellaire.

C'est du vent dans le dos,

Et c'est du temps qui claque.../...

 

Juste un petit poème (Qui se voudrait chanson)

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Juste un petit poème,

Qui se voudrait chanson,

Juste quelques phonèmes

Posés sans prétentions.

Juste un petit poème

Qui chante sur six pieds

Quand le ciel est tout blême

À la fin de l'été.

Juste une ritournelle,

Un mot et puis un mot,

 

La Rose a des épines

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C'est le chant du moment

Qu'on nous sert, en comptines;

C'est un air dans le vent:

La rose a des épines.

Et ça monte et ça prend

L'ampleur de l'overdose,

Leur fleur tue le printemps

À défaut d'autre chose.

Et sur les campements

Elle se déracine

En singeant bêtement

Ceux qui voient bleu marine;

Qui a dit "L'important...

L'important c'est la rose"?

C'était certainement

En des temps moins moroses.

Simple passant du temps présent

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Je n'ai pas d'âge, pas de nation, pas de bagage et pas de nom. Simple passant du temps présent, je n'appartiens qu'à mes chansons. L'identité est un carcan dont j'ai cassé tous les contours. J'erre sur terre, aimant passer par à peu près tous les détours. Je suis un simple voyageur posant ses pieds un peu partout, et si demain me mène ici, c'est que j'en aurais fait le tour. Il se peut même, les soirs de peur, que mon ici me trouve ailleurs.... Mais c'est alors que je me perds, et que mon voyage se meurt.

Dans ma chemise, pas de papiers, ni dans mes poches... vérifiez ! Moi je ris au nez des frontières, et je pisse au pied des armées. Simple passant sur cette terre qui se fabrique des bunkers, je continue sur mon chemin, et je fabrique des refrains.

Je n'ai pas d'âge, pas d'ambition, pas d'autre adage...

Evolution...

Ne pas aller plus loin que la ligne crédit ?

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Créanciers, débiteurs,

Comptes à découvert,

Arrêter le compteur

Et tant pis pour l'hiver...

Et quand l'été revient

Vérifier ses débits,

Ne pas aller plus loin

Que la ligne crédit.

Encaisser virements,

Retraits et assurances,

S'acquitter des paiements

Pour rester dans la danse,

Tous les papiers de banque,

Poésie d'aujourd'hui,

Marchent comme des tanks

Implacables, sans vies.

Il ne reste pour ceux

Que l'horizon chatouille,

Qu'à refermer les yeux

Sur la grande magouille;

Oublier relevés

Ou autres échéances

Pour se mettre à rêver,

Et retenter la chance...

Sur le banc des Nations

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Sur le banc des Nations,

Chacun dans sa culotte,

On regarde au lorgnon

Ses oignons qui mijotent.

Quand on lève le nez,

Au-dessus du binocle,

Le monde a tant tourné

Que vacille le socle.

 

Alors les yeux baissés

On retourne à ses comptes,

Et monte l’anxiété

Autour du taux d’escompte,

Sur le banc des Nations,

La crise y est passée,

On n’y fait attention

Qu’à sa pauvre monnaie…

 

http://www.youtube.com/watch?v=M7QsVf1IpXo&feature=youtube_gdata_player

Il eut, pour les étoiles, un geste de la main

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Depuis longtemps sa vie le conduisait ici. Toujours au même endroit quelques soient ses efforts. Mais une fois encore il allait repartir, conscient que son voyage en vaudrait la chandelle. Et puis il savait bien qu'un passage ici-bas risque de se finir avant qu'on ait le temps d'attraper son bagage emporté par le vent... Alors la tête haute, coiffé de vains remords, il se mit en action, un pied, et puis un autre. Dans sa tête, à tout prendre, ça faisait du boucan... C'est comme ça, au moins, qu'il se sentait dedans. Et c'est pour ça aussi qu'il sentait cette urgence, l'envie de vivre un peu et que tout recommence. "Qu'importe le chemin quand on n'a plus de route, qu'importe si demain je me perds dans le doute...qu'importe mon chagrin puisque j'ouvre la porte aux voiliers, aux embruns, et puis même aux cloportes..." En avançant tout droit sur le dos de ces rues où la ville aux abois le croisait sans le voir, il chantonnait son air en passant, l'air de rien, toujours près d'une place, toujours au même endroit. Il posa son bagage, il était revenu. Un long regard au ciel lui annonça la nuit. Il alla se coucher au même coin de rue, toujours près de la place, qu'il avait reconnue. Mais avant de dormir il prit sa décision : dès demain, c'est fini, il ne bougerait plus. Il eut, pour les étoiles, un geste de la main. C'est ici désormais, qu'il les verrait de loin. Il accepta cela comme son évidence et depuis, dans ses yeux, se promène une errance.

Le tempo déjanté

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Le tempo déjanté

De ma marche à six pieds

Ne touve sa rythmique

Que dans la phonétique.

Il ne sait que conter

En rêvant éveillé

Loin de la prosodie

Qui coupe ses envies

Souvent je mets les voiles

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Souvent je mets les voiles

Quelque part sur la toile,

J'y plante un horizon

Hier j'ai fait un rêve

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Hier j'ai fait un rêve,
qui n'était pas le mien,
Aujourd'hui il soulève
Et porte mon destin.

Le cœur à la relève
En a fait un festin
Où des êtres de fièvre
Y nourrissent leur faim.

Il nous faudra rêver

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Il nous faudra rêver plus fort que tous les autres pour que le temps d'aimer se fasse un peu le nôtre. Il nous faudra voler au-dessus des distances, et souvent maîtriser le feu né de l'absence. Il nous faudra voler, cultiver cette chance et toujours avancer au gré de l'espérance. Il faudra siphonner jusqu'au bout cette essence, ne jamais arrêter de rêver en immense.

La liberté (À Léo)

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Pour Léo

Assis au bord d'un lac,
Un enfant libellule,
farfouille dans son sac
où ses rêves pullulent.
Il prend sa canne à pêche,
n'y met pas d'hameçon,
Léo est né revêche
à toutes les leçons.

Il a au bord des yeux
un monde fait de dunes,
de châteaux merveillleux
accrochés à la lune.

Voici un an déjà
Qu'il a pris ce repère
pour y vivre tout bas
au rythme des Chimères.

Du haut de ses dix ans
Léo sait tant de chose
que déjà dans son chant
quelque chose s'oppose.

À l'école un copain
l'a nommé libellule
mais Léo s'en fout bien :
il joue de la virgule.

Dans son cahier bleu
il met des mots, de l'encre,
et il s'évade un peu,
et il relève l'ancre.

Sur de grands voiliers
il parcourt cette terre
où presque fous à lier
les hommes manquent d'air.

Léo sent bien tout ça,
à rêver, à écrire,
il sent bien que tout va
commencer à mourir
mais il est si petit...
peut-il vraiment nous dire
que l'on se noie ici
à force de subir ?

Quand les autres enfants
sont maintenus en classe,
Léo reste et entend
palpiter tout l'espace.

Il aura, Liberté,
Goûté ta voix lactée
à l'âge des colliers
Serrés sur la trachée.

Souviens-toi mon ami

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Souviens-toi mon ami
Tu disais que poète
C'est un peu comme un cri
Qu'on pousse quand tout pète,
C'est un peu une vie
Tirée à l'arbalète,
Un grand bout d'infini
Beau comme une comète.

Souviens-toi mon ami
Tu disais que poète
Y'a rien de plus joli
Quand on est né esthète,
Et que même la nuit
Ça brille dans la tête
Et que ça fait du bruit
Aux allures de fêtes.

Souviens-toi mon ami
La rime de casquette
Qu'on alignait trop cuits
Par nos heures défaites,

Souviens-toi mon ami
Et s'il-te-plaît arrête
De compter tes débris ;

Tu es de reconquête !

Le temps restera là, mais nous n'y serons pas

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Et le temps glissera sur le fil de l'absence,
Il fermera les bras sur un monde en silence ;
Attendant l'étoile qui guidera ses pas
Le temps restera là, mais nous n'y serons pas.

Car sais-tu, mon amour, que le temps perd son sens
Sitôt qu'on lui oppose un peu de résistance ?
Que son venin s'altère aux portes de nos trêves
Ou qu'il tombe en poussière au contact des rêves ?

Chaque jour passera, même sur la distance,
Et la consumera comme un bâton d'encens ;
Nous marcherons devant les heures qui séparent
Et le temps coulera, sans qu'on ne s'y égare.

J'ai fait ce rêve là après quelques souffrances
Imposées par un temps qui rêvait de vengeance,
Et je t'écris ces mots pour qu'ils fassent un pont
Au-dessus des secondes qui tournent trop en rond.

Je n'étais pas venue

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Je n'étais pas venue
Pour tenter le festin
Même si mes mains nues
Se tendaient bel et bien.
Je n'étais pas venue,
Comprenez bien ce point,
En sachant que la rue
Attendait juste au coin.
Je n'étais pas venue
Sans serrer les deux poings
Sur les déconvenues
Et sur tous les chagrins.

En fait j'étais venue
Parce que j'avais faim
Et que mes avenues
Ne menaient plus très loin.

Je n'étais pas venue
Par cent mille chemins
Mais par un bout de crue
Qui poussait mon entrain
À la porte des nues,
Au feu de quelques joints
Sur des feuilles tendues
Où j'écrivais sans fin.

Il y a ceux, maman...

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Il y a ceux qui savent,
Ceux qui comptent le temps,
Ceux qui ont tout le grave
Accompagnant l'argent ;

Il y a ceux qui rêvent,
Ceux qui prient pour demain,
Ceux qui veulent la trêve
Des matins incertains ;

Il y a ceux qui passent
En soulevant du vent,
Qui font de leurs impasses
Un gouffre de tourments ;

Il y a ceux qui pleurent
Sur leurs mondes d'enfant
Parce que le bonheur
En a été absent.

Et parmi tous ces êtres
Il y a ceux, maman,
Qui ont une fenêtre
Ouvrant sur l'océan.

Sans doute que leurs mères,
Quand ils étaient enfants,
Les aura rendu fiers,
Les aura rendu grands.

Ce que je veux te dire,
En ce jour de noël,
C'est que tout l'avenir
Dépend aussi de celle
Qui nous donne la vie,
Et qui tend un regard,
Alors pour ça merci,
Merci pour notre histoire...

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