Le blog de Fox

Le temps restera là, mais nous n'y serons pas

Et le temps glissera sur le fil de l'absence,
Il fermera les bras sur un monde en silence ;
Attendant l'étoile qui guidera ses pas
Le temps restera là, mais nous n'y serons pas.

Car sais-tu, mon amour, que le temps perd son sens
Sitôt qu'on lui oppose un peu de résistance ?
Que son venin s'altère aux portes de nos trêves
Ou qu'il tombe en poussière au contact des rêves ?

Chaque jour passera, même sur la distance,
Et la consumera comme un bâton d'encens ;
Nous marcherons devant les heures qui séparent
Et le temps coulera, sans qu'on ne s'y égare.

J'ai fait ce rêve là après quelques souffrances
Imposées par un temps qui rêvait de vengeance,
Et je t'écris ces mots pour qu'ils fassent un pont
Au-dessus des secondes qui tournent trop en rond.

Je n'étais pas venue

Je n'étais pas venue
Pour tenter le festin
Même si mes mains nues
Se tendaient bel et bien.
Je n'étais pas venue,
Comprenez bien ce point,
En sachant que la rue
Attendait juste au coin.
Je n'étais pas venue
Sans serrer les deux poings
Sur les déconvenues
Et sur tous les chagrins.

En fait j'étais venue
Parce que j'avais faim
Et que mes avenues
Ne menaient plus très loin.

Je n'étais pas venue
Par cent mille chemins
Mais par un bout de crue
Qui poussait mon entrain
À la porte des nues,
Au feu de quelques joints
Sur des feuilles tendues
Où j'écrivais sans fin.

Il y a ceux, maman...

Il y a ceux qui savent,
Ceux qui comptent le temps,
Ceux qui ont tout le grave
Accompagnant l'argent ;

Il y a ceux qui rêvent,
Ceux qui prient pour demain,
Ceux qui veulent la trêve
Des matins incertains ;

Il y a ceux qui passent
En soulevant du vent,
Qui font de leurs impasses
Un gouffre de tourments ;

Il y a ceux qui pleurent
Sur leurs mondes d'enfant
Parce que le bonheur
En a été absent.

Et parmi tous ces êtres
Il y a ceux, maman,
Qui ont une fenêtre
Ouvrant sur l'océan.

Sans doute que leurs mères,
Quand ils étaient enfants,
Les aura rendu fiers,
Les aura rendu grands.

Ce que je veux te dire,
En ce jour de noël,
C'est que tout l'avenir
Dépend aussi de celle
Qui nous donne la vie,
Et qui tend un regard,
Alors pour ça merci,
Merci pour notre histoire...

Il n'y a que la vie qui s'ouvre le matin

Il n'y a pas de rive où planquer son destin,
Les mots sur le qui-vive se cherchent un chemin
Que la nuit conforte en crachant des embruns
Et qu'un mage nous tend, si l'on regarde bien.

Il n'y a pas de temps pour l'attente sans fin,
Il n'y a que la vie qui s'ouvre le matin.

Gueulard le Mirliton (Au compagnon de Pélage 3)

Gueulard le mirliton
Connaît bien l'enquilleuse
Qui l'a laissé marron
Après quelques berceuses.

C'est un jeune musard
Qui cherche pour ses pages
De l'encre à papelard,

Cach' Frifri l'enquilleuse (Au compagnon d'Pélage 2)

Cach' frifri l'enquilleuse
Est une asperge montée,
Qui joue à l'enrôleuse
Et qui sait tout voler.

Entre ses deux échasses
Elle arrive à carrer
Le coeur de ceux qu'ell' chasse

Les compagnons d'Pélage 1 : La baguenaude à sec

C'était après la guerre et on reconstruisait. On oubliait. La rue Montorgueuil essayait de chasser les dernières prostituées qui battaient encore son pavé.

J'entends battre la terre

J'entends battre la terre
contre des pots de fer,
de partout ça m'enserre,
se glisse entre mes nerfs.

Je voudrais être gaie,
rayer d'un simple trait
larmes, papier-monnaie,

Une amitié de trente années

Et l'océan claque des dents,
il donne corps à nos présents,
l'écume frise sa tignasse
soulevée par un vent de glace.

La lune ronde nous sourit
Et nous accueille dans la nuit

Le goût des catacombes

Quand Paris se fait nuit,
Au-dessous des immeubles
Un peuple de maudits
Se couche en terre meuble.

Un poids dans la carcasse

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  • A l'enfant capitaine

     

    Un repas d'affaire servi sur douze pieds

    Pour être un bon poète ;-)

    La terrasse est à vif

     Voici venu le temps
    Du café des oisifs ;
    Onze heure dans la vent
    La terrasse est à vif.

    Paris la putassière

    L'enfant tout juste né

    La forteresse intérieure
    s'insurge contre les heures
    qui tournent sans compter
    au cadran déréglé

    Le poing s'ouvre enfin

    Le poing s'ouvre enfin
    La route de la faim
    M'accueille sans frein
    En ce jour anodin

    Dimanche matin dans le gris
    Après des heures de pluie

    Défroqué des décombres

    Dans la cour exigüe
    D'une mer anthropique
    Qui boit de la cigüe
    Jusque sous les tropiques

    Une voix sourde et gronde
    Du ventre de la terre

    La transparence d'une algue

    La transparence d'une algue
    Quand tout coule à la fin
    Affiche des parfums
    Qui parfois vous alpaguent.

    Au détour d'un regard

    La maison reste là

    L'herbe haute est là
    Personne n'a fauché
    Ses racines ; Entre-las
    De mousse et de rosée

    Les grands chênes tout autour

    Cent chapeaux, cent cravates

    Sur les têtes,
    Habillés comme à la fête,
    Cent valeureux chapeaux
    Déambulent dans le métro.

    Il est tôt.

    Au café de l'absinthe

    Au café de l'Absinthe,

    affalées sur le zinc,

    les âmes ont l'habitude

    des grandes solitudes.

    Sur les ailes du temps

    Sur les ailes du temps tous les sentiments

    traversent les murs, cessent d'être obscurs.

     

    Un ami vous manque-t'il ?

    Il vous faut suivre le fil

    L'histoire de l'angle qui donnait sur la mer

    Tout le monde le savait

    en cet endroit précis

    La mer se retire

    La mer se retire.

     

    Les souvenirs s'étirent

    le long des moutons blancs,

    en des milliers de bans.

    Je suis

    Je suis un bord de rue

    sur le fil d'un rasoir ;

    Je suis la marche du trottoir

    qui ondule du cul.

     

    Je suis l'oiseau qui piaille

    Une mère (fiction...)

    Elle avait toujours l'air d'arriver d'un autre pays ma mère, d'un pays où la mort était quelque chose d'évitable, ou la vie n'était

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