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Lui rendre l'hommage de la fierté

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Mano Solo, mon fils Emmanuel Cabut, était content de son œuvre, bien sûr. Fier ? je ne saurais dire. Peut-on être fier d’une douleur exprimée ? Il s’émouvait lui-même, parfois, à l’écoute de ses propres chansons. Elles étaient si sincères, tellement collées à sa peau, à sa vie, à son être… Sans doute, oui, il en était fier. Je veux le croire.
Mais il y a une chose dont je suis sûre, c’est qu’il était fier de son public. Fier de ceux qui, à son instigation, sont devenus les Shalalistes, cette improbable et cacophonique famille formée d’individus de tous âges, de tous milieux, de tous horizons, dont le point commun est le respect de soi-même. Un respect qui pousse à ne jamais se laisser aller, à ne pas subir la vie mais à la construire, avec ses mains, avec son cœur, avec son imagination, son inventivité. Nous tous qu’il aimait, il nous voulait actifs, créatifs. Pour cela il nous fournissait de la matière, des outils, et des lieux où s’en servir. Il nous y attendait, exigeant, sévère mais toujours prêt à l’encouragement. Toujours prêt à rebondir avec nous sur une nouvelle idée, un nouveau défi.
Ce site Internationale Shalala, créé par lui avec l’aide de quelques Shalalistes rompus à la technique, il l’a voulu totalement interactif. Lui-même s’y est exprimé, y a déposé ses archives : on y retrouve avec plaisir des clips et enregistrements émouvants (bas de la colonne de gauche) ; on se passionne avec les rediffusions de l’émission Smoke City qu’il a animée pendant un an sur Radio Aligre ; dans Programme Shalala1, Télé Shalala 1 et 2 on se régale de vidéos pleines de fantaisie et d’interviews toujours d’actualité. Enfin, pour que nul n’oublie de se montrer généreux, il a donné une place à l’œuvre pour laquelle il se démenait sans cesse: le soutien à l’association Fazasoma.
Mais disposer d’un espace personnel d’expression n’était pas, loin de là, son seul objectif. Ce qu’il voulait — et ce que nous voulons toujours, nous qui avons décidé de poursuivre dans la voie tracée par lui — c’était que ce site s’enrichisse de l’apport de ses visiteurs : « Ce site est participatif, écrivait-il, vous pouvez dès l'inscription publier des billets depuis votre profil, ces billets formeront votre blog, et seront annoncés en couv par "DERNIERS BILLETS"…». Écrivains, dessinateurs, peintres, vidéastes, commentateurs d’actualité savent profiter de cette rencontre virtuelle avec un public. Un petit groupe s’est investi avec talent et persévérance dans la survie de la Télé Shalala (répertoriée dans la colonne de gauche de la Une) que Mano annonçait ainsi : « … Si on passe nos soirées sur le net c'est bien parce que la télé c'est la mort assurée. Mais on attend quoi pour faire la nôtre? Encore une fois tout le monde n'est pas créatif, mais tout le monde a des amis qui le sont, et aussi tout le monde... peut essayer de l'être. Alors créons des programmes. »
Tout le monde… Tous les visiteurs, assidus ou occasionnels, de ce site peuvent rendre ici à Mano Solo le seul hommage qu’il souhaitait vraiment: s’essayer à la création, échanger, oser se confronter au regard d’autres internautes. Essayer jusqu’à devenir fiers d’eux-mêmes.
Fiers d’être Shalalistes.
ISABELLE

Commentaires

Portrait de Dreux patrick

Je n'ai pas connu Mano Solo, mais sa voix, ses textes, ses musiques, sont un coin de burin enfoncé dans la chair du présent pour des rêves qui ont de moins en moins cours et qu'il faut tenir à bout de bras, de plume, de voix. C'est heureux que ce site continue, dans le pétrin de la douleur et de l'espoir, je m'incline et salue chapeau bas cet homme qui avait trouvé sa voix, et par sa voix donnait voix aux autres...

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