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Les yeux dans le potage

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Je déteste ce mec qui dit : « je ». Toi-même, idem, tandem. Ni l’un ni l’autre, forceps, la tête. Un trône entre les dents, craché. Vous êtes combien là-dedans ? Pas compté, deux, trois, trop, pas d’accord. La tête nous joue des tours de contrôle. Je dis je. Tour de passe-passe, toujours là, ici, en face, pas de place. Les dents dans la brosse à dents, les cheveux dans le peigne, les yeux dans les lunettes, miroir, miroir, miroir. Lui casser la gueule, sa belle gueule de montre qui ne donne jamais l’heure, ou toujours la même, la sienne. Une histoire, vite une histoire, qu’on en sorte. Je ne sais pas, je a déjà tout dit. Fouille, fouille ta merde, ta mémoire, tes papiers, fouaille. Quand je n’a rien à dire, je ferme sa gueule. La gueule de qui ? On se fout de la gueule de qui ?

Etat des lieux : le noyau ne communique plus avec la centrale, les particules se sont éparpillées dans l’eau de mer. Le matériel estampillé d’origine détruit le matériel estampillé d’origine. Des tranches de savoir technologique et scientifique s’effondrent mollement dans le néant. De toute façon le véhicule s’est emballé, bientôt il aura atteint la vitesse de la lumière et nous y verrons que dalle.

-Tu y comprends quelque chose ?

-Tu ne crois pas si bien dire. C’est cuit, et recuit.

-Du liquide de refroidissement dans le circuit, ça ferait pas ?

-Déjà trop tard.

- Nous…

- ça grouille, tu ne peux pas trouver autre chose…

-La langue ne m’appartient pas, homme fatigué, capital sans capitaine, caput…

La situation en effet me semble bien confuse, le cerveau ne contrôle plus rien, il lui faudrait un peu de jeu, mais où le trouver ?

-         C’est qui lui ?

-         Le même, toujours le même, l’usurpateur. Faisons-le taire !

-         Facile à dire.

Crapauds, larves, têtards, animalcules, bestioles translucides, cœlacanthe, calamar, globules, amibes, cellules divisées, multipliées. Une bonne bouille dans le bouillon, des yeux dans le potage. Ni haut, ni bas, un cas. Perdue la ressemblance, quand le ciel s’est crashé dans la boue, quand la mer est tombée de là-haut en bas. C’est beau l’amour. Faisons comme si, ou comme ça, idem, tandem. Le produit intérieur brut multiplié par le coefficient de déficience politique associé au réchauffement climatique et au nouveau management laisse un peu perplexe. Zébulon, zébulon, zébulon ! Inutile de l’appeler, un nœud de cravate mal ajusté lui a mis la tête dans le cul. Alors ?

Il faudrait s’organiser. Toi tu t’occupes de l’intendance, toi tu fais les lits, toi tu te mets à table et tu dis tout sur tout, toi tu t’enfermes dans le cabinet de travail et tu parcours tous les manuels d’incivilité, toi tu fermes ta gueule et tu ouvres tes oreilles, mais pas la bouche, toi tu te couches et tu attends, toi tu donnes à manger aux chiens pour qu’ils la bouclent un peu. On ne s’entend plus ici.

-         Je vous trouve particulièrement infantiles !

-         Dégage !

-         Merde je est revenu ! Tous aux abris.

-         Non ! nous sommes les plus nombreux, ça grouille, ça grouille, vive l’anarchie, mort au tyran !

 

Actuellement, sur le terrain, la situation n’a absolument pas progressé, les forces de l’intérieur sont toujours retranchées dans le palais présidentiel et les insurgés ne trouvent plus à manger.

 

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