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samedi, 23 August, 2014 - 06:26 Fox
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C'était Paris, Paris qui lutte,


Paris perché haut sur sa butte


Paris qui crache, langue de pute,


Paris carrence, Paris scorbut.




C'était l'endroit où les faubourgs


Et les trottoirs faisaient l'amour,


Paris enceinte au ventre lourd,


Et ses enfants, partout, qui courent.




C'était Fréhel dans les ruelles,


Paris le peuple des marelles


Et des quartiers tombés du ciel


Qui viennent chanter à l'oreille :




Ménilmontant, petit Bourvil,


Comme on l'entend, suivant le fil


Du ruisseau près de Belleville,


Sa ritournelle qui se vrille ;




C'était la môme, Paris le piaf,


Avant les bombes, avant les raffles,


Les boulodromes qui s'exclaffent


Et le caniveau en carrafe.




C'était Paris, souvenez-vous,


Paris des gens qu'ont pas le sous


Mais qui se chantaient, malgré tout,


Leurs années folles jusqu'au bout.




Paris Pigale et ses vandales,


L'aile des moulins en cavale,


Des boulevards de vieux morfals


Venus pour y crever la dalle ;




C'était Paris, qui aujourd'hui,


Pête dans la soie et l'ennui,


C'était Paris, Paris la vie,


Paris vu du côté Titi.

jeudi, 21 August, 2014 - 04:36 Fox
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Comme on tourne autour d'une fille,
J'ai fait le tour de la Bastille
En passant une fois de plus
Sous le cul-nu de l'angellus.

À Beaumarchais j'ai fait la bise
mercredi, 23 July, 2014 - 01:31 mix
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 l'orthographe curieuse d'un paysage
 des mots jetés à la hâte

 l'univers comme un livre ouvert

 une lecture attentive
 des lignes de force
 des obliques
 un champ visuel

 un enfrichement, volontaire

 des glyphes
 des mots perdus
 une langue morte

 j'ai
 au bout de la langue
 le début d'une phrase

 l'idée d'un rythme
 l'envie d'une musique

 d'un concours de circonstances
 d'une autre navigation de plaisance

samedi, 19 July, 2014 - 08:09 Fox
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Et si mon coeur est noir,



C'est du noir de la terre



Qui charbonne l'espoir



En crachant sa misère.



J'ai le coup de grisou



Qui explose des lignes



Et des mots à deux sous



Qui sortent de ma mine.



Et si mon sang est noir,



C'est du noir de mes frères,



De ces peuples d'ivoire



Crevant à nos frontières,



De ces enfants, le soir,



Qui réclament leurs pères



Alors qu'il est trop tard :



Ils sont morts à la guerre.



Et si mon encre est noire,



Ma plume libertaire,



Mes pieds mettent de l'art



À piocher quelques vers



Comme on plante son dard



En piquant dans la pierre,



Sans chercher à savoir



Si c'est mieux que la chair.



J'ai le coup de grisou



Qui explose des mines



Et le crayon debout



Qui s'entête et fulmine.



Et contre les Picsous,



J'ai des mots de rapine



Et de révolte au goût



De ceux qu'on assassine.



Oui j'ai le désespoir



De tous ceux qui espèrent



Et des coups de cafard



Qui mordent la poussière



En rêvant de Grand soir,



Comme un vieux réverbère



Qui s'allume à la gare



Des passeurs de lumière...

jeudi, 17 July, 2014 - 09:39 Fox
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"Y'a les enfants d'la balle...
Et les enfants d'le dalle
Dont la vie prénatale
S'est jouée dans la salle
D'un ciné quatre étoiles
Où passait sur la toile
Un vieux film que Louis Malle
A fait avant Fatale.
 
Je m'appelle Pascal
Et je suis des seconds,
J'ai l'ascenseur social
Écrit gros sur le front,
Le teint pas national
(Ça veut dire marron),
Et des airs cannibales
Pour les fous d'la nation.
 
J'ai grandi sur les dalles
Du quartier dit Des Joncs,
Je suis enfant d'la dalle
Eduqué aux ballons
Et aux coups de cavale,
Et aux mecs en prison,
À la vie marginale
Et aux flics en plastron.
 
Aujourd'hui, c'est normal,
Pendant cette audition,
Voilà que je déballe
Et réponds au question
Sur ma vie familiale,
Pour qu'on me dise : Action !

Mais sachez que j'ai mal
D'avouer qu'mon daron
A joué de la balle,
Oui, mais à sa façon...
Dans une succursale
Où dormait du pognon...
 
Je baisse mon futal,
Voyez mon caleçon...

Ce rôle il est vital
Pour mon évolution,
Pour mettre un point final
À la galère, au fond...
Voilà l'procès verbal,
Voilà je vous réponds...
 
Je passe cet oral...
J'assume la pression :
 
Je suis enfant d'la dalle,
Un enfant du béton...
Mon père a fait Centrale,
Et même avec mention !"
jeudi, 10 July, 2014 - 09:34 Fox
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Ils ont l'encre à la bouche,
Toujours un oeil ouvert,
Et même si c'est louche,
Leurs pieds sèment des vers.

Pour pouvoir faire mouche,
Ils ont la tête en l'air
Qui remplit leurs cartouches
En jeux de mots divers.
Ils sont souvent farouches,
Souvent à bout de nerfs,
Et quand un rien les touche,
Ils tournent à l'envers 
Et se servent, à la louche,
De la soupe à Prévert
À la sauce escarmouche
Et au jus doux amer...
vendredi, 4 July, 2014 - 09:22 Fox
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Moi aussi j'ai voulu



Avaler les pavés,



Digérer l'absolu



En l'crachant par les pieds ;



Moi aussi j'ai couru,



Moi aussi j'ai marché



Comme un vieux chien perdu



Qu'a cassé son collier.



Je suis de ces gens nus



Que l'on dit va-nu-pieds...



J'ai dévoré les rues



Dans tout le monde entier.



J'ai vu tant d'avenue,



Tant de curiosités



Que j'en suis revenu



Les tripes retournées.



Écoutez ma chanson,



Ma chanson de migrant,



Je suis un ultra son



Qui habite le vent



Passant le mur du son



Dès le soleil levant



Sans prêter attention



Aux frontières devant.



Écoutez ma chanson,



Prenez un peu de temps...

jeudi, 3 July, 2014 - 18:45 Fox
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Cet enfant là, tu vois,

Il se cueillait des fleurs

Avec ses petits doigts

Et avec son gros coeur.

En me voyant dans l'herbe,

Lézardant au soleil

En conjuguant un verbe

Qui rime avec le ciel,

Il est venu vers moi,

Et m'a tendu ses fleurs

vendredi, 13 June, 2014 - 05:07 Fox
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Il faut tenir sa place


Dans le reflet du monde


Et créer un espace


Où la terre est moins ronde.


Et sous la carrapace


Aux humeurs vagabondes,


Il faut se voir en face


Et en paix, à la longue.




Il faut penser soi-même,


Et prendre pour possible


L'espoir que des poèmes


Fassent de bons fusibles.




Et quand la pression monte,


Il faut dompter son sang


Pour qu'enfin ça raconte


L'histoire du dedans


Sans que ça nous confronte


À nos sombres géants


Qui nous collent la honte


Dès qu'ils sont trop devant.




Il faut tenir sa place


Sans écraser personne,


Il faut voir dans la glace


Aussitôt qu'on déconne


Et mettre de la classe


Dans son âme brouillonne


Quand les lois retabassent


Comme à rue de Charonne.


Quand ça parle de race


Et ça sent la charogne,


Il faut que l'on dépasse


Ceux dont les bottes cognent.


On doit tenir nos places


Et gueuler nos espoirs


Pour que nos voix dépassent


Leurs chants trop nazillards.




Le P'tit Son - Vivre l'évolution
samedi, 17 May, 2014 - 22:57 Mr Mojo
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Comme un souvenir d'une mélodie perdue

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