La mer se retire.
Les souvenirs s'étirent
le long des moutons blancs,
en des milliers de bans.
La plage est désertée.
Le jour finit de poindre.
Marchant seul et nu-pied
je pars le rejoindre.
Mon âme est engoncée
dans son désir d'ailleurs.
Mon pas est saccadé,
s'alignant sur mon coeur.
La mer fuit le temps,
ce temps gris qui nous conte
comme on vivait avant
quand nous n'avions pas honte.
La mer est fatiguée,

Dans la vie il y a des minutes qui durent plus d’une journée
Et même des journées qui sont plus longues que des années,
Des années durent parfois même plus on dirait que des décennies
Tant il y a du trop d’instants mauvais pour se les accaparer,
Mais la plus longue seconde sera pour le restant de ma vie
Celle où tu m’as dit le dos tourné que pour toi tout est finit.

Je t’aime parce que tu as la tignasse verte et les dents jaunes,
Libère toi pour te détendre et te déteindre sur le reste de la faune,
Je t’aime parce que tu as les yeux verrons et un blouson marron,
Tu dis que tu es laide mais on verra lequel de nous aura raison
Quand il poussera de tes larmes des lamelles d’arc en ciel.
Je suis un bord de rue
sur le fil d'un rasoir ;
Je suis la marche du trottoir
qui ondule du cul.
Je suis l'oiseau qui piaille
de faim, de froid et d'espoir ;
Je suis toute la gouaille
du peuple des grands Soirs.
Je suis vagabond -
voyageur de la tête ;
Je suis le furibond -
pauvre futur squelette.
Je suis contre ce monde
en colère d'esthète ;
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