roman

La Nausée : Chapitre 2

"Excuse-moi » m’a-t-il. « De quoi ? » lui demandai-je, le nez plongé dans un dessin à l’encre de chine, représentant un personnage mi-femme, mi-araignée, arborant un masque recouvert de symboles. « Pour ce matin ». « Quoi ?! Tu me demandes de t’excuser pour les croissants ou pour mon sauvetage d’une noyade sous un déluge d’eau glacée ? ». Il rit. « Non, pour la baffe ». Je le regardai avec une surprise telle que le fou rire nous prit. Effectivement, ma joue et mon oreille gardaient le souvenir cuisant du contact bref de sa main, mais mon âme n’en avait, elle, aucune rancœur. Je lâchai ma plume et vînt enserrer mes bras autour de sa taille. « Je vais passer le week-end chez moi, et comme d’hab’, je passerais voir Arthur ». « Sans problème ».

La Nausée

Putain, les chiottes, merde, les chiottes !! Avant que je n’en mette partout !! J’ai attrapé la nana devant moi et l’ai envoyé valdinguer dans le couloir. Je l’ai entendu tambouriner sur la porte, gueuler puis s’éloigner sur ses talons au rythme de ses cuisses serrées qui n’avaient pas pu retenir le dégât des eaux. La pauvre fille au string trempé, à l'urine qui dégoulinait sur ses bas et à la jupe tâchée s’en était allée en pleurant comme une gamine, souillée par la honte. Je me suis retrouvée la gueule dans la cuvette, à éructer sous les spasmes violents de cette nausée qui ne me lâchait plus. Deux heures dans ce trou. Les genoux explosés, les mains dégueulasses de tout ce qui avait pu se trouver sur le rebord blanc. Rien. Rien n’est sorti. Pourtant, j’ai cru vomir mes tripes, ma merde et tout le reste. Deux heures. Jamais eau de chiottes n’avait été aussi salée.

Suite d'une île vers la ville...

Sur Nortroc passent en écharpe les perturbations pluvieuses. Cette caillasse océane draine avec allégresse les levées de vagues et les vents prenants.

en grève 21

Son silence a été pesant, violent pendant le reste de la journée.

en grève 20

Evidemment.
La route qui s’ouvre de nouveau devant moi. Je ne suis pas seul.
C’est une porte qui se ferme derrière moi et celle de la vieille que j’ouvre sans plus frapper.

en grève 18 et 19

Je me suis garé sous les arbres.

en grève 17

Le chat gris miaule doucement, le cul posé sur le paillasson poussiéreux.

en grève 16

Je regarde la pâte molle et collante que je roule entre mes doigts.
Le jeune gars qui traîne en face de chez Hakim m’a promis une envolée sympa et un atterrissage en douceur.

en grève 15

Deux mois que je traîne dans le lieu, et je vois enfin quelques petits coups de tête à mon passage.

en grève 14

Les interrupteurs ne répondent pas : l’électricité a été coupée.
Je traverse la pièce principale avec la plus grande prudence pour ne pas heurter un meuble, les mains en avant comme un aveugle.

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