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mardi, 19 August, 2014 - 15:57 Vincent LAUGIER
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Quand
je suis triste je suis gris et j'essuie ce que la vie me donne même si
ça me glisse dessus comme une pâte molle aussi lourde qu'une boue de
pâturages.
Au temps du bonheur je filais bon train, guilleret comme
un étourdi, blanc d'espoir comme une lune pleine, j'avais du mordant et
dimanche, 10 August, 2014 - 16:11 Vincent LAUGIER
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Vois l'oiseau qui va et va, il fonce
comme une flèche zélée dans le pur du ciel. Je suis cette âme
catapultée dans l'aube au-dessus de l’océan qui s'enivre de vivre
entre terre et ciel dans la marine torpeur. Je vais rejoindre par une
force de joies des amis venus de lointains connus de moi jadis, je
vais dans une course et dans un souffle mêlant qui me remplit de
bien être.

mercredi, 23 July, 2014 - 01:31 mix
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 l'orthographe curieuse d'un paysage
 des mots jetés à la hâte

 l'univers comme un livre ouvert

 une lecture attentive
 des lignes de force
 des obliques
 un champ visuel

 un enfrichement, volontaire

 des glyphes
 des mots perdus
 une langue morte

 j'ai
 au bout de la langue
 le début d'une phrase

 l'idée d'un rythme
 l'envie d'une musique

 d'un concours de circonstances
 d'une autre navigation de plaisance

lundi, 21 July, 2014 - 20:19 Vincent LAUGIER
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Si j'avais une âme je lui enlèverai
ses plumes pour la garder un instant près de mon cœur si froid, je
lui parlerai pour croire en elle et de ses plumes je me ferai un
duvet avec du sparadrap, ça serait tout bizarre mais ça m'irait et
si elle est noire c'est qu'elle me connaît bien.

J'aurai pas l'air fin mais tant pis je
serai heureux de cet animal spirituel à mes côtés, elle serait
douce et traînante comme une mélancolie qui revient toujours le
soir.

samedi, 19 July, 2014 - 08:09 Fox
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Et si mon coeur est noir,



C'est du noir de la terre



Qui charbonne l'espoir



En crachant sa misère.



J'ai le coup de grisou



Qui explose des lignes



Et des mots à deux sous



Qui sortent de ma mine.



Et si mon sang est noir,



C'est du noir de mes frères,



De ces peuples d'ivoire



Crevant à nos frontières,



De ces enfants, le soir,



Qui réclament leurs pères



Alors qu'il est trop tard :



Ils sont morts à la guerre.



Et si mon encre est noire,



Ma plume libertaire,



Mes pieds mettent de l'art



À piocher quelques vers



Comme on plante son dard



En piquant dans la pierre,



Sans chercher à savoir



Si c'est mieux que la chair.



J'ai le coup de grisou



Qui explose des mines



Et le crayon debout



Qui s'entête et fulmine.



Et contre les Picsous,



J'ai des mots de rapine



Et de révolte au goût



De ceux qu'on assassine.



Oui j'ai le désespoir



De tous ceux qui espèrent



Et des coups de cafard



Qui mordent la poussière



En rêvant de Grand soir,



Comme un vieux réverbère



Qui s'allume à la gare



Des passeurs de lumière...

jeudi, 17 July, 2014 - 20:36 Vincent LAUGIER
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J'aime voir dans la rue ce qui
ressemble à la vie, c'est une force de racines que je vois dans les
yeux des gens que je croise, l'espoir quant à lui c'est fait la
malle un matin grincheux. Il est parti d'un pas lourd comme un chargé
d'affaire venu pour rien. J'en avais plus, alors bien sûr c'est
triste, le sommeil alors me glissait sur la tête dans le frottement
d'un oreiller pour me dire « repose-toi, t'es mort
maintenant ! »

jeudi, 17 July, 2014 - 09:39 Fox
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"Y'a les enfants d'la balle...
Et les enfants d'le dalle
Dont la vie prénatale
S'est jouée dans la salle
D'un ciné quatre étoiles
Où passait sur la toile
Un vieux film que Louis Malle
A fait avant Fatale.
 
Je m'appelle Pascal
Et je suis des seconds,
J'ai l'ascenseur social
Écrit gros sur le front,
Le teint pas national
(Ça veut dire marron),
Et des airs cannibales
Pour les fous d'la nation.
 
J'ai grandi sur les dalles
Du quartier dit Des Joncs,
Je suis enfant d'la dalle
Eduqué aux ballons
Et aux coups de cavale,
Et aux mecs en prison,
À la vie marginale
Et aux flics en plastron.
 
Aujourd'hui, c'est normal,
Pendant cette audition,
Voilà que je déballe
Et réponds au question
Sur ma vie familiale,
Pour qu'on me dise : Action !

Mais sachez que j'ai mal
D'avouer qu'mon daron
A joué de la balle,
Oui, mais à sa façon...
Dans une succursale
Où dormait du pognon...
 
Je baisse mon futal,
Voyez mon caleçon...

Ce rôle il est vital
Pour mon évolution,
Pour mettre un point final
À la galère, au fond...
Voilà l'procès verbal,
Voilà je vous réponds...
 
Je passe cet oral...
J'assume la pression :
 
Je suis enfant d'la dalle,
Un enfant du béton...
Mon père a fait Centrale,
Et même avec mention !"
dimanche, 13 July, 2014 - 22:59 Vincent LAUGIER
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Je veux dire des choses, c'est le moins
que je puisse, dire des êtres c'est trop long.

jeudi, 10 July, 2014 - 09:34 Fox
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Ils ont l'encre à la bouche,
Toujours un oeil ouvert,
Et même si c'est louche,
Leurs pieds sèment des vers.

Pour pouvoir faire mouche,
Ils ont la tête en l'air
Qui remplit leurs cartouches
En jeux de mots divers.
Ils sont souvent farouches,
Souvent à bout de nerfs,
Et quand un rien les touche,
Ils tournent à l'envers 
Et se servent, à la louche,
De la soupe à Prévert
À la sauce escarmouche
Et au jus doux amer...
vendredi, 4 July, 2014 - 09:22 Fox
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Moi aussi j'ai voulu



Avaler les pavés,



Digérer l'absolu



En l'crachant par les pieds ;



Moi aussi j'ai couru,



Moi aussi j'ai marché



Comme un vieux chien perdu



Qu'a cassé son collier.



Je suis de ces gens nus



Que l'on dit va-nu-pieds...



J'ai dévoré les rues



Dans tout le monde entier.



J'ai vu tant d'avenue,



Tant de curiosités



Que j'en suis revenu



Les tripes retournées.



Écoutez ma chanson,



Ma chanson de migrant,



Je suis un ultra son



Qui habite le vent



Passant le mur du son



Dès le soleil levant



Sans prêter attention



Aux frontières devant.



Écoutez ma chanson,



Prenez un peu de temps...

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