Une tombe un berceau
Une barque au fil de l’eau
Un chemin entre les flaques
Une porte que l’on claque
Au vent des années mortes
Et des rêves qui crapotent
J’aime les paysages
Qui surgissent des brumes
Les feux que l’on allume
Sur les bords du rivage
Une rose du jour
Posée sous l’abat-jour
Du rabat joie en noir
Qui broie son désespoir
Pour filer sa misère
Au rouet des prières
J’aime les paysages
Qui surgissent des brumes
Les feux que l’on allume
Pour contrer les naufrages
Un serment brûle encore
Dans le secret des corps
Sous le charbon, brûlis
Du jardin des oublis
Les ombres se rassemblent
Comme feuilles qui tremblent
J’aime les paysages
Qui surgissent des brumes
Les feux que l’on allume
En rêvant de voyage
Des bricoles en vrac
Juste à côté du lac
Un briquet sans sa pierre
Une pipe de bruyère
Un bijou désuet
Une montre à gousset
J’aime les paysages
Qui surgissent des brumes
Les feux que l’on allume
Après un bel orage
Et dans les eaux profondes
Egrenant les secondes
Des bulles de patience
Remontent en silence
Loin du corps d’Ophélie
Que la mort a saisi
J’aime les paysages
Qui surgissent des brumes
Les feux que l’on allume
Pour éclairer la plage
Et dans l’aube sereine
Qui écarte la peine
Longuement dévêtue
La vie se perpétue
Dans le songe qui porte
La mémoire des eaux fortes
J’aime les paysages
Qui surgissent sous la plume
La bougie qu’on allume
Pour chasser les mirages
Un berceau une tombe
La lumière qui tombe
Au fil de l’eau la barque
Le visage de la Parque
Qui défait son ouvrage
Comme on tourne la page
Commentaires
Très joli comme d'habitude
lun, 21/02/2011 - 18:15 — kathleenkathleen
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