Pendant que certains font l’amour l’un des miens meurt,
Pendant que certains font la guerre l’un des miens meurt,
Pendant que certains disséminent l’horreur l’un des miens meurt,
Pendant que certains poussent dans le ventre de leur mère
L’un des miens part en laissant dans mon cœur
Une trace comme pour tailler à la hache une brèche,
Éphémère douleur qui se rapproche de nous pour nous faire peur,
Qui dure des heures pour nous marquer à tout jamais,
Avec les années qu’on aura partagé pour te laisser partir en paix.
Même si je ne maitrise pas toujours le français
Moi je sais ce que c’est aussi grâce à lui
Et ce que ça fait que d’aimer.
Pendant que certains boivent des bières l’un des miens meurt,
Pendant que certains se protègent de l’hiver l’un des miens meurt,
Pendant que pointilleux dans l’univers des militaires tirent
L’un des miens part avec le cœur mitraillé par le passé,
Pendant que certains partagent le rêve de partir en mer
En caressant des pieds les galets l’un des miens part en paix
Pour se laisser emporter par le vent mauvais avec son identité,
Celle d’homme déchiré qui ne mérite pas ce qui lui est arrivé.
Si mon pauvre français est loin d’être parfait,
Moi je sais ce que c’est aussi grâce à lui
Et ce que ça fait que d’être aimé.
Pendant que des monstres dévorent le bitume l’un des miens meurt,
Pendant que certains poussés par les écumes l’un des miens meurt,
Motard aux anges sur les cubes mécaniques au guidon d’un voyage,
Ton départ si rapide ne nous a pas laissé le temps d’un au revoir
Alors part sans nous regretter car là où je sais que tu es,
Les démons qui ont tenté de te dévorer préféreront se cacher
Plutôt que de se faire rappeler à l’ordre par la peur de finir en enfer,
Peur de se faire marquer d’un fouet rouge pour ce qu’ils t’ont fait.
Si je ne maitrise pas toujours les rimes,
Moi je sais ce que c’est aussi grâce à lui
De ne point maitriser le sentiment de l'amour.
Pendant que certains mineurs creusent leur gruyère l’un des miens meurt,
Pendant que certains au filet de voix fluet pissent dans un violon
Pour souligner de fuo les irrégularités de la société l’un des miens meurt,
Pour euthanasier les fleurés qui effleurent la fine flore l'un des miens meurt,
Mon oncle d’Amérique traverse les frontières que tu mérites,
Celle qu’on imagine en vrai dans les images des rêves
Qui s’élancent pour visiter les plus beaux paradis de la vie,
Celles où les enfoirés condamnés se feront enfermés,
Avec ton gros cœur tendre je suis sûr que tu leur rendras la liberté,
T’étais pas comme ça, toi au moins tu fraternisais avec l’humanité.
Si je sais que mon français est loin d’être parfait,
Je sais ce que c’est aussi grâce à lui
Et ce que ça fait que d’être aimé.
Rocco Souffraulit, le 02/01/2011.
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