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UN PETIT SIGNE DE PRÉSENCE A TOUJOURS SON IMPORTANCE... (411)

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Je suis un vaste monde à moi tout seul sans avoir
La moindre clef pour ouvrir la porte de mes repères,
Je suis une nature morte où se fond dans un arbre une pomme
Rongée par un ver avant de tomber l’estomac noué,
En se rendant compte que ma chair si sucrée est empoisonnée,
Je suis tout seul avec, comme unique virilité, ma molle gaule
Qui penche sur le côté à force de trop tenter de la réveiller,
Je suis la douleur qui gicle de l’encre entre les lignes
Pour dessiner avec des courbes ce qui fait mes racines.
Si c’est vraiment dans une poubelle que l’on découvre
La valeur d’un homme alors la mienne ne vaut à peine
Pas plus qu’une choucroute allemande fabriquée en usine,
En France, est mise sous vide avec des agents conservateurs.

Je suis un crime si parfait que tout le monde me reconnait
Avec comme preuve une lettre qui s’agite comme une fausse note,
Dans une pluie battante de songe et d’inexactitude qui me ronge,
Je voudrais pourtant tout faire avec une précision telle au millimètre
Pour que tout soit carré comme un portrait prit pour un passeport
Avec ce sourire qu’est le mien pour y ajouter de personnalité,
Je voudrais pourtant que tout soit si fou pour dans le coup
Laisser la trace du vent qui s’efface dans le courant du temps
Dont on se rappel quand le moral baisse et que tout fiche le camp.
Si c’est vraiment dans un tas d’immondice que l’on découvre
La valeur d’un homme alors la mienne ne vaut à peine
Pas plus qu’une épaisse couche de crème pâtissière
Défiant l’estomac qui s’accroche quand passe sa lourdeur.

Je suis une casserole de pur délire où cuit un bouquet de carotte
En taillant un bout de gras avec une grosse tronche de lard,
Je suis comme une œuvre qui se construit avec la ténacité
De son auteur qui croit encore que c’est possible d’imaginer
Que le rêve, dans le creux de la main, faut pas le laisser filer
Mais plutôt l’aider à s’envoler pour gagner un peu de fierté,
Être simplement un être-humain, comme il y en a pleins,
Avec un stylo comme témoin et un cerveau comme tremplin.
Si c’est vraiment dans une poubelle que l’on découvre
La valeur d’un homme alors la mienne ne vaut à peine
Pas plus qu’une boite de conserve où l’on aurait raclé
Le contenu à la petite cuillère pour ne pas se laisser crever
Avec l’appétit qui travaille dans le ventre pour le creuser.

Je ne suis qu’un ignoble monstre qui ne sait plus ce qu’il fait,
Encore moins ce qu’il dit alors que la vie est à sa portée,
Mais il fait tout ça pour qu’elle dise « merci mon papa,
Grâce à toi je sais ce que veut dire écouter ses choix »,
Je suis la chose qui bave, qui hurle, avec des étiquettes
Collées sur la tête pour trouver ce poster qui se pose sur un mur,
Je suis un fêlé de la cafetière, il me faut une camisole de force
Pour ne pas dynamiter d’emblé ce que j’ai commencé,
Faire une guerre où vos sentiments seront les seuls survivants.
Si c’est vraiment dans une poubelle que l’on découvre
La valeur d’un homme alors la mienne ne vaut à peine
Pas plus qu’une couche souillée par les fesses d’un bébé
Qui n’a jamais sut se faire autant aimer que dans les bras de Morphée.

Je tiens le volant pour continuer tout droit devant
Avec les phares qui clignotent pour me prévenir d’un accident
En sautant par-dessus les bosses avant qu’elles n’apparaissent,
Perdre la direction et reprendre l’ensemble à contre sens
Avec un bras d’honneur destiné aux autres conducteurs
Car ici un petit signe de présence a toujours son importance.

Rocco Souffraulit, le 03/03/2011.