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UNE FAMILLE IDÉALE... (423)

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C’est comme quand les baffes pleuvent
Et qu’un gamin s’en balance tellement
Il en en reçoit de la part d’un pauvre horloger
Qui ce serait encore planté dans les rouages,
En montant les aiguilles du bonheur à l’envers,
Pour mettre à la place une assiette de bugne
Trop grasse qui serait trop dure à digérer.

Le sucre saupoudré de colorant est trop mauvais
Comme ce chien de con qui pourtant avait
Tout pour m’aimer avant même que je soit né,
Un peu de cœur en forme de gros artichaut
Et quelques fleurs en guise de gros mots
Pour me faire marrer mais c’est un peu comme Dieu
Qui nous prend pour des animaux croyant ne pas parler.

On a beau le prier de cesser et il continue de gronder
Tant qu’il peut, tant que ça ne laisse pas de bleu
Où alors juste ceux qui laisseront plus tard
Ce goût amer qui désir de le voir mort,
Au bord d’une falaise les pieds dans la glaise
En se disant qu’il ne mérite rien d’autre le vieux.

S’il existait une famille idéale
Alors la mienne serait la bancale,
S’il existait une vie formidable
Alors la mienne serait abominable
Si la famille était un immense pavé
Alors la mienne je la coulerais dans du béton
Pour tenter de refaire mes fondations.

Il puis la mère ce n’est pas non plus ce qu’il y a de mieux,
Elle fait l’ivrogne en courant après les bouteilles vides
Et les lèchent pour ne pas se noyer encore plus dans la déprime,
Avec ses bigoudis sur la tête et sa robe synthétique
Qui protège comme une nappe cirée des tâches de rouge
Avec dessus dessinés des arbres dans une nature morte
Où même les feuilles sont recouvertes de plastique.

Elle se dépense pour aller trainer avec son propre fric
Qu’elle gagne en se forçant à cuver toute la journée
Du côté des bars pour éviter les matchs de football,
De se prendre des caissons de gnioles dans la gueule
Dès que le Paris Saint-Germain oublie de gagner
C’est vous dire s’il elle habituée du fait.

Elle connait l’affaire et fait tout pour se faire oublier
Parce que pour elle la boisson c’est fait pour rêver,
En prend dans la main son fils pour aller visiter
Des marais salés d’une blancheur éclatante
Où les larmes feraient fondre les tâches de sang
Laissées par les coups de trique de son bonhomme.

S’il existait une famille idéale
Alors la mienne serait la bancale,
S’il existait une vie formidable
Alors la mienne serait abominable
Si la famille était un immense livre
Alors de la mienne j’en déchirerais les pages
Pour les brûler et tout oublier.

Et puis il y a le frangin complètement fêlé de la cafetière
Qui se prend pour un héros de supermarché comme à la télé
Qui pense que je suis le dernier et que je dois la fermer,
Avec la seule peur que j’aie pour placer ma douleur
Quelque part sur un mur caché sous des posters
De camionneurs qui roulent durant toute la journée.

Au volant d’un gros camion j’irais m’offrir de la liberté
En livrant rien de particulier car c’est juste pour traverser
Le temps qui passe et fuir peut-être ce que je connais,
Niquer la vie pendant qu’elle a le dos tourné
En s’acharnant sur celui à qui elle en veut d’être né
Dans un monde qui rien qu’en soit n’est qu’une punition
Alors merci mais ce n’est pas la peine d’en rajouter.

Ce n’est pas la peine d’aller le raconter depuis une cheminée
Sur tous les toits pour aller me faire pardonner
D’être une tête à cloque depuis tant de temps, depuis tant d’hiver,
Depuis tant d’années et depuis autant tant de printemps
En effaçant les feuilles pleurant dans le vent en automne,
Celle où l’on marche dedans pour que plus rien ne résonne,
Ni les pas, ni les coups de masses contre le ventre qui frissonne
Pour que ça s’arrête et que la cruauté atteigne le seuil de douleur
Maximum pour partir ailleurs et arrêter enfin de me battre.

S’il existait une famille indéfendable
Alors la mienne serait inoubliable,
S’il existait une vie immorale
Alors la mienne serait immortelle,
Si la famille était une longue chanson
Alors la mienne serait faite de fausses notes
Pour être belle quand elle deviens inaudible.

Rocco Souffraulit, le 07/03/2011.