Par les herbes au printemps
Brassées de bois flotté
Le crocus a frotté
Son étoile de safran
Et la jonquille folle
S’est répandue au loin
Par les bois de sapin
Où le vent dégringole
Dans les couleurs sépia
De l’hiver retiré
Le vert tendre des prés
Remplace le raphia
Il me vient des pensées
De barque vagabonde
De barcaroles bercées
Mollement sur les ondes
Il me vient des pensées
De jonc et de roseaux
De songe au fil de l’eau
Doucement caressée
Auprès des aulnes rouges
Qui bordent la rivière
La rive est fondrière
Au fil de l’eau qui bouge
Immobile passant
Comme passe la pluie
J’ai pour chemin la nuit
Qui couvre les versants
Je regarde les fleurs
Où pointe le soleil
Pour effacer les veilles
Les chagrins et les pleurs
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