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Les maux s'envolent et les cris restent... (500)

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Les maux et les mots qui se tordent sur la corde
S’accordent à s’entendre pour semer la discorde
Avec le désordre quand ils se détendent
Pour qu’une horde essaye de les mordre.
Les cris passent pour exprimer la douleur
Après un cathéter essayant de s’avancer
Dans le corps accroché à une odieuse bestiole,
En attente, d’un pleur d’une fleur, devenant folle
Avec ses yeux farfouillant au centre du sol
Ou pousse déjà un amour de fille qui rigole.

Tous les maux s’envolent et les cris restent
Pour prendre le temps de sécher, dans le vent,
Le souffle de ma petite gonzesse tel un SOS,
Ma petite poulette dont je serais le coq en laisse.

Les mots et les maux s’exclament de pisse
Pour voir pousser dans un bocal une milice
Qu’on enverra sur la lune à l’instant propice
Où la terrienne nature se fera encore plus garce.
Les cris se comptent sur les doigts de la honte
Et se racontent dans l’espace où s’affrontent
La sueur d’une plume parlant dans un sac,
Aux tremblements naissant d’un vieux trac,
Comme si enfin de mourir elle avait hâte
Pour s’enterrer à nouveau dans sa grotte.

Tous les maux s’envolent et les cris restent
Dans l’attente de ma part au moins d’un geste
Avec l’extase rase et l’heure d’une riposte,
Ma princesse dont je serais le molosse en laisse.

Les mots sidéraux et les parfumés parfois si beaux
Se mettent à moitié nus en s’élevant aussi haut
Que possible, vers cette insoutenable tendance,
Pour partir tout droit vers leur intime démence.
Les cris se ramassent avec la pelle de Lucifer
Que m’a offert comme une expérience mon père
En me disant c’est un cœur gros rempli d’amour
Que je te laisse mon gars, fait en un bon usage,
Et je sais que lorsque tu auras enfin cet âge
Avancé alors tu en feras un très bon usage.

Tous les maux s’envolent et les cris restent
Dans le silence où me casse dans une danse
L’émotion vivace pour me mettre en transe
Avec ma petite sardine dont je serais le ton en laisse.

Les maux barbares et ceux trois quart sourd
Espèrent leur prise en charge lors de la mort
De la liberté de se taire en espérant tout vider
Comme un bateau ne cessant de se retourner.
Les cris percent les tympans, quand y pas le temps
De respirer pour crever devant un son insolant,
Ne cessant de vibrer pour devenir si violent
Qu’il en deviendrait pourtant inquiétant d’aimer
Souffrir devant une petite poulette à peine née
Montrant son museau pour enfin s’époumoner.

Tous les maux s’envolent et les cris lisses
Dans la mémoire se recouvrent des épices
De complicité avec cette malice qui dévisse
Et ma petite note dont je serais la clef en laisse.

Ludovic Auboeuf, le 05/05/2011