
Couché dans le sable le vent s’envole dans les racines de mes cheveux,
Les nuages d’acier s’engouffrent dans mes pupilles de plomb dilatées,
Ce n’est pas la peine de tenter de me parler ou même de me téléphoner
Car j’ai débranché depuis déjà trop longtemps cet enfer d’écouteur relié
À mon fil conducteur alors, après le bip sonore, laissez-moi vos coordonnées.
Ce n’est pas que je ne souhaite pas décrocher pour vous répondre,
J’ai juste peur qu’en le trompant mon jardin chargé de regret me gronde.
Je regarde la mer s’enfuir, en me susurrant une sonate langoureuse,
Avec en route les alarmes infernales du compteur dès que s’emballe
L’épicentre de mes passions et, dans l’ombre des coups de cymbales,
Avec des punaises se cachant au fond de mes espadrilles inutiles
Pour détourner les cigales et les mygales perplexes scandaleuses.
Les rouleaux me caressent la main pour m’emporter comme si
De rien n’était avec ma mort en témoin de noce pour m’évader,
Les fleurs sauvages aux pétales à points fermés durant la nuit
M’indiquent le raccourci, pour me redonner le fruit de la vie,
Avec des abeilles pour me conduire dans un lit pour me reposer.
Ce n’est que je ne souhaite pas vous couvrir de milliers de roses,
J’ai juste peur qu’en le trompant mon havre de paix n’explose.
Je caresse le sable pigmenté de chaleur et de milliards de grains
Pas plus gros en poche que la poussière de lucioles célestes
Dans laquelle des centaines de voyageurs, descendant du train,
S’arrêtent pour saupoudrer de fumée les traces qu’ils déposent
Avec un zest de larmes tellement sa beauté est synonyme de rêve.
Les singes se promènent pour visiter ce monde où il est si bon
De se délecter tant que les rayons explorent mon corps frémissant,
Sur mon plancher poussent pour me protéger des champignons
Dans lesquels pour s’abriter les fourmis fabriquent des maisons,
Je me sens si bien qu’on me retrouvera ici seulement agonissant.
Ce n’est que je ne souhaite pas me recueillir pour revenir vers vous,
J’ai juste peur qu’en le trompant mon jardin jaloux devienne fou.
Une barmaid aussi laide que la plus belle des soirées étoilées
M’apporte un lait de coco en me demandant de l’aimer pour la remercier,
Elle ramasse des verres vidés sur le comptoir pour encore les laver,
Derrière passe l’éponge en écoutant hexagone-inter toute la journée,
En reflanque d’autres pour les salir tellement elle à envie de se faire baiser
Sous la lune offerte au regard de tous pour que je puisse l’éclairer.
Son plumage est aussi doux que celui d’un oiseau volant en liberté
Mais en cage en vérité elle se laisse aller tellement c’est dur d’assumer,
De se faire ploter les miches pour chanter une complainte abandonnée,
Entre deux rires et dont tout le monde se fiche tellement sont appréciées
Seulement ses formes mais moi je la laisse en paix partir pour m’envouter.
Ce n’est pas que je ne souhaite pas un jour pour vous retrouver m’en séparer,
J’ai juste peur qu’en le trompant mon jardin privé veuille m’assassiner.
Couché au pied d’une femme folle de désir le feu s’envole dans mes yeux,
J’observe amoureux ses lacs nacrés sucrés s’approchés au fur et à mesure,
Pendant que les minutes passent et qu’une nouvelle promise tempête se lève,
Se lève pour m’emporter dans un râle et trembler en l’inondant de sève
Pendant que dans sa bouche sortent des demi-mots à demi-morts essoufflés.
Avec ses verres ma barmaid à la peau tiède au départ devient si chaude
Que pour revivre cette éphémère extase elle s’en rendrait jusqu’à malade,
Jusqu’à jamais en laissant l’apocalypse s’installer dans sa propre gestuelle
Habituée à faire toujours les mêmes choses encore et encore durant des heures.
Je ne suis pas certains d’être le meilleur pour lui faire découvrir l’amour
Où peut-être juste un soir pour que le désespoir lui laisse un peu d’espoir.
Ce n’est pas que je ne souhaite pas la combler pour le restant de sa vie,
J’ai juste peur qu’en le trompant mon jardin salit se sente à jamais trahit.
Ludovic Auboeuf, le 15/05/2011.
Peinture: David O'Neill - Barmaid
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