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RADIOACTIVE LOBOTOMIE FRÉQUENCE SEPT… (569)

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Un encart pétrochimique s’est installé dans l’envers insignifiant,
De la rue du bout chaotique avec riverains coincés entre les dents,
Et la station météorologique aux aiguilles boueuses et détraquées
Insistent sur le caviar bitumé fondant déjà dans les vapeurs d’alcool
De l’industrie déversant de la chimie le long des terrains agricoles.
En pleine frayeur quand passe le feu vert elle devient de la disgrâce
En s’essuyant, le cul, cachée derrière une vache dans l’herbe grasse,
Comme si les poissons rampaient pour prendre place dans l’espace
Dès qu’il n’y a plus de distance comprise entre les nuages visqueux
De charbons et les poumons remplis de la sciure de la belle usine.
Je n’ai rien sur notre lendemain de bien à pronostiquer
Si ce n’est ce seul aujourd’hui que déjà vous connaissez.

Sortez vos bandes magnétiques, le reste de vos cassettes,
Et bienvenue sur la radioactive lobotomie fréquence sept…

Les gros échappements érigés comme des grattes poubelle miniatures
Sont aussi maniaques, pour à l’heure de la vaisselle des containers
Entretenir la puissance domestiquée par l’argent partant dans le vent,
Qu’une fillette pleurant pour chercher à salir la couche quand sa mère
Rigole encore avant le prochain lessivage des sols pleins de poussière.
Si un jour et par les trous coulera du ciment sous les plaines polluées
Alors on finira par faire un tour dans un cercueil pour fantômes gondolés
Puis carbonisés, enfin ficelés, pour être saturés du manque d’air frais.
Il n’y a pas plus de bol dans la cuisine pour en consommer à volonté
Qu’il y a de l’oxygène encore vivant au bord de mer ou dans la vallée.
Je n’ai rien sur notre lendemain de bien à espérer trouver
Si ce n’est ce seul aujourd’hui que déjà vous souilliez.
Sortez vos bandes magnétiques, le reste de vos cassettes,
Et bienvenue sur la radioactive lobotomie fréquence sept…

Un bras métallique sur un support panoramique de manière mécanique
Voyage en temps record pour faire le tour de son noyau volcanique,
Aussi rouillé que le notre, à l’exception prêt que pour traverser la terre
Et réparer l’intégralité des erreurs humaines ça prendrait des heures,
Des années voir des siècles si notre fardeau actuel ne nous fait pas peur.
Les vendeurs ont retiré des vitrines les dernières chemises à fleurs
Tellement n’ont plus grand intérêts les vieux objets soldés dépareillés.
Désormais les tissus rayés ont enfin remplacés les souvenirs déprimés
Avec imprimé du criard emprunté à celui des prisonniers préparés
Car, une fois jugés à force de la détraquer, vous en finirez électrifiés.
Je n’ai rien sur notre lendemain de bien à accoucher
Si ce n’est ce seul aujourd’hui que déjà vous enfantez.

Sortez vos bandes magnétiques, le reste de vos cassettes,
Et bienvenue sur la radioactive lobotomie fréquence sept…

Le long des chéneaux grimpent les becquerels comme dans des jouvencelles
Mamelles le lait frais devant un suffoqué mort né par instinct maternel.
Les pissotières publiques sont au bord du gouffre, en pleine guerre civile,
Ou l’humain d’immondice devant le sacrifice reprend de galop le surnaturel
Avec en lévitation des atomes de pollution après la déroute d’une salmonelle.
Restez en ligne, gardez la pêche, car dans un cours instant les rivières
Vont prendre la forme d’une veine, provenant des bois et des forêts,
Ensanglantées par ce qu’il en adviendra tant que resteront inchangés
Les caprices de l’imposante industrie s’installant pour, dans ses filets,
Prendre le peu de place de propreté qu’il nous reste encore à respirer.
Je n’ai rien sur notre lendemain de bien à diagnostiquer
Si ce n’est ce seul aujourd’hui que déjà vous contaminez.

Sortez vos bandes magnétiques, le reste de vos cassettes,
Et bienvenue sur la radioactive lobotomie fréquence sept…

Ludovic Auboeuf, le 08/07/2011.