Je ne suis qu’une bouteille à la mer, dans les profondes plantée,
Sans savoir d’où venir et encore moins sans même deviner où aller
En essayent de contrôler les vents alors que je n’en ai pas l’écran.
Quitte à souffrir autant dépérir en nageant comme un radiateur
En fonte pour amorcer mon envol vers mon sommeil en douceur.
Éloigné de ma réalité comme peut l’être un Bolino de la gastronomie
Je suis aussi sous pression qu’un ravioli dans une presse à spaghetti
Et je ne suis que récipient sans intérêt pour le restant de l’humanité.
Dans les choux j’ai les chansons d’un chanteur m’ayant décomplexé
D’être relégué au stand des fous dès que je me mets à m’imaginer.
Le son de la folie et ma seule amie pour me protéger de sa patrie,
pendant que la chienlit est de ma fratrie mes fantômes de l’oubli
Accostant aux larges des côtes amuseront pour une soirée la galerie,
La preuve pour décliner mon identité à la frontière s’est disloquée.
Je suis aussi sous pression qu’un ravioli dans une presse à spaghetti
Et je ne suis que récipient sans intérêt pour le restant de l’humanité.
Dans le corps j’ai une page vierge n’attendant qu’une de vos larmes
Se déversant pour me tâcher et me mettre à perler ma propre histoire,
Originaire d’une éphémère montagne je perdrais mes eaux en Allemagne.
Je bois la tasse à la santé du silence névrosé ne faisant que de me hanter.
C’est en me frottant le bout du bouchon contre le courant ou le corail
Que la valse d’un égaré sera pour me guider dans un manège enchanté.
Je suis aussi sous pression qu’un ravioli dans une presse à spaghetti
Et je ne suis que récipient sans intérêt pour le restant de l’humanité.
Les poissons assis sur un banc dessinent des arcs en ciel d’écailles
Pendant que la nuit dans la pluie enferme la vie dans son sarcophage.
Contre les rouleaux, les échardes des océans asphyxiés, je m’incline
Comme une auto tamponneuse faisant branler la terre sous les pines.
Finir la tête hors de l’eau pire sera pour moi que de mourir en caniveau
Et ma vie n’est qu’un rollmops tissé d’eau pour me nourrir de minéraux.
Je suis aussi sous pression qu’un ravioli dans une presse à spaghetti
Et je ne suis que récipient sans intérêt pour le restant de l’humanité.
L’envie de sombrer me guette et je cherche l’embarcadère du hasard,
Pour me déposer à vos pieds, pour voir si l’expiration de vos poumons
Me donnera l’inspiration pour aimer la vie avant de sauter d’un balcon.
Je suis présente dans l’annuaire des absentes et je glisse impuissante
Vers le chaos où mes déchets seront relégués sur le marché de l’amiante
Aux aurores de l’équateur me berçant avec l’amour dont je porte le deuil.
Pour la terre je suis tout autant insignifiante que risque d’être important
Un vulgaire grain de poussière coincé dans le coin gauche de son œil.
Je suis aussi sous pression qu’un ravioli dans une presse à spaghetti
Et je ne suis que récipient sans intérêt pour le restant de l’humanité.
Ludovic Auboeuf, le 20/07/2011.
Pages