J'ai attrapé la nuit pour m'en faire un manteau
Et les pluies en écharpe j'ai arpenté la ville
Ecartant d'un sourire les oiseaux écorchés
Qui tombaient de l'église
Sous mes pas alourdis brisant les coquillages
J'ai senti que la mer s'ouvrait à mes naufrages
C'est la lune qui peine derrière le remorqueur
C'est la grue qui se dresse à l'appel de la pierre
La benne qui déverse les invendus d'hier
Et le coeur à la traîne qui remorque sa peine
Une danseuse sur un fil au-dessus de la ville
Avec des jumelles on peut voir bien plus loin
Et le chagrin devient cette braise qui tient
Blottie dans une larme noire
Comme au coeur de la pierre
Du basalte très ancien
Un rêve vitupère
L'immense été indien
Des scories, des cailloux, des charbons dans la main
Des chardons qui sourient dans les prés calcinés
Des sacs lourds, de pacotilles, de verroteries, de coquilles sonores
Et une main qui décroche les raisins de l'orage
Pour s'en faire un collier
Plus pâle qu'une morte lassée de son voyage
Dans le néant obscur qui charrie des images
Elle
Dans ses genoux
Dans sa jupe
Ramassant les couleurs, les terres, rouges, jaunes, cyanosées, citrines
La laisse des jours et des nuits
La draille de nos fureurs enfantines
Le sentier creusé de fondrières marines
Rêver
Dormir
Parler la langue natale
Ouvrir les yeux, un jour...
Commentaires
Une phrase
sam, 17/09/2011 - 19:31 — kathleenkathleen
Merci Kathleen
sam, 17/09/2011 - 20:46 — Dreux patrickpentrick
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