Hier j'ai fait un rêve,
qui n'était pas le mien,
Aujourd'hui il soulève
Et porte mon destin.
Le cœur à la relève
En a fait un festin
Où des êtres de fièvre
Y nourrissent leur faim.
Mes bateaux sur la grève
Ont porté les embruns,
Toujours, sans une trêve,
Toujours prêts pour demain.
Ils n'étaient que la plèvre
Protégeant mes lointains
De la peur qu'on y crève
Sans tenir une main.
Hier j'ai fait un rêve
Qui finira demain,
Quand cette époque mièvre
Ouvrira ses deux poings ;
Quand la nuit qui s'achève
Posera au matin
Un baiser sur des lèvres
Sifflottant un refrain.
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