Tu savais qu’elle te guettait.
Depuis longtemps.
Tu la voyais te tourner autours, comme un chacal. Prête à t’effleurer parfois, mais se ravisant toujours lors de cet instant ultime où tes yeux se ferment et ton poil s’hérisse, car tu la sens toute proche.
Si proche.
Paf !
La voilà qui t’a eu.
T’enlaçant, elle viole tes souvenirs, pille ta mélancolie, réanime en toi ce fugace sentiment d’insaisissable et de liberté. Et chaque fois qu’elle te prend, tu jouis un peu plus, parce que c’est dans ses bras seuls que tu sauras oublier la violence du monde.
Tu la haïssais fut un temps, et te voilà qui la bénie. Lui baisant les mains comme une chienne devant son maître. A genoux devant elle, tu te prosternes.
Quel avilissement pour toi ? Tu ne sais plus.
Tu pourrais en vomir, tellement tu en es pleine… de vie.
Tu voudrais en offrir car leur vision te fait mal.
En vomir et l’offrir. En vomir et l’offrir.
Tu voudrais qu’elle soit synonyme de dépravation, que cette débauche ambiante ne te soit plus perceptible, mais son autorité surplombe ta raison. Alors tu cris, tu pleures, tu hurles, tu ris, et tu en vomis encore, de la vie. Tout se trop pleins de vie en toi submerge ta conscience et te laisse brûlante de désirs, de te voir à nouveau enchaînée par la force de cette entité impalpable.
Mais que ferais-tu si elle t’abandonnais, la vie ?








Pages