J'avais
un pied dans la tombe et l'autre me faisait mal, autant dire que je
n'allais pas fort, je n'allais même pas du tout pour tout vous dire,
le moral mal fagoté me fixait dans des contrées d'ombres.
J'avais
des ombres partout si plantureuses et sinueuses que j'aurai pu
refroidir dans tout les recoins de ma personne sans voir un bout de
lumière qui devait vibrer la-haut au-dessus du bazar qu'est ma vie
dans ces moments d'arrêts.
Je
m'étais dit des songes pour chauffer mon espace vide d'un instant de
réconfort dans le vertige qui ne vient pas.
J'aurai
pu maudire du monde, mais je l'avais déjà bien fait, totalement et
n'avait plus dans ma citerne la moindre goutte d'amertume à jeter
dans le délicat des relations, me rester à me morfondre, me donner
une trace d'élégance de désabusé notoire.
J'avais
aimé me perdre et contempler le chaos charmant des recommencements
qui ne viennent pas.
J'avais
arpenté, j'avais vu, j'avais perdu ce que je n'avais pas, ce qui
crée de drôles de sensations à ne plus être.
J'aurais
du faire des pas et le silence glacé de mon cœur retranché bavait
dans le soir délavé.
Un
tombereau de rêves sensibles comme une mine d'or me visitait
courtoisement ma tête grivoise.
J'avais
pioché des souvenirs imaginaires pour me peindre le matin et mon
corps grouillait d'agitations.
J'ai
mis des mots sur des confidences et la main sur le pourtour du temps.
Elle
s'est effacé dans un brouillard bien transparent. La main perdue ne
m'appartenait plus autant que mon destin de naufragé.
Je
ne sais plus de quel navire vient ma coursive où j'y noie une
solitude d'incompris, d’encombré, et puis traversé par des
circonstances navrantes, je me suis mis à prendre le dédale des
habitudes pour mollir le pourri qui me poursuit, je l'aurai bien vu
grimacé si je n'avais pas eu tant peur que nulle envie de tourner ma
tête hirsute dans le passé des frayeurs me prenait, j'avais une
jambe lourde et un espoir caché, voilà de quoi vagabonder.
A
terre, dans le spectacle de dehors, je croisais des vivants
lointains, étais-je aussi mort qu'eux, en tous cas je ne désirais
leur vie même propre et scintillante, des trésors de boues devait
régner en cataclysme à la lueur de leur méfiance je me fis bastion
du dernier battement.
Battre
le pavé pour le doux bruit de survivre avec un éclair de son.
Commentaires
Avec le rire en coin
ven, 31/05/2013 - 08:21 — FoxOn a tous un matin
Qui revient de trop loin,
On a tous un chagrin
Qui vient faire du fouin
Et qui nous prend la main
Avec un rire en coin
En nous coupant la faim
Et en serrant nos poings.
On a tous un matin
À fumer comme un joint,
Un matin qui revient
Avec l'amour en moins,
On a tous un matin
Cette impression de fin
Qui pèse sur nos reins
Et rend tout presque vain,
On a tous un matin
Comme un sale besoin,
Celui d'écrire un rien
D'état d'âme et c'est bien,
On a tous ces matins
Où seul paraît certain
Ce geste qui nous tient
Humain jusqu'à demain.
Un matin... Dans les faubourgs d'Uranus...
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