
Ci-contre, une salle de travail et de rassemblement de Chambéry comme tant d'autres qui appartiennent à la collectivité.Les lieux publics où nous allons sont toujours remplis de tables et de chaises.
Pourquoi ? C'est une manie ?
Est-on à ce point là obligés de se rencontrer pour des réunions autour de la table ? Est-ce là la seule forme envisagée de rassemblement ? La seule forme... autorisée ? Il y a les rassemblements sportifs vous me direz. Alors doit-on seulement passer du gymnase au bureau et du bureau au gymnase ? c'est tout ? Si c'est le cas, la communauté risque d'arriver toujours aux mêmes conclusions, celles-la mêmes émanant de réunions autour de la table par des gens assis. On est donc mal barrés.
Comment donc faire pour vraiment CRÉER dans des espaces pleins ? C'est impossible, je crois...
Peter Brook nous renseigne admirablement bien sur ce sujet :
« (...) pour que quelque chose de qualité puisse advenir, il faut d'abord qu'un espace vide se crée. Un espace vide permet à un nouveau phénomène de prendre vie. Si vous regardez bien tous les domaines du spectacle, tout ce qui touche au contenu, au sens, à l'expression même, à la parole, à la musique, aux gestes, à la relation, à l'impact, au souvenir qu'on puisse garder soi-même... tout cela n'existe que si cette possibilité d'expérience fraîche et neuve existe également. Or aucune expérience fraîche et neuve n'est possible s'il n'existe pas préalablement un espace nu, vierge, pur, pour la recevoir. »
C'est pourtant simple, non ? La société et les citoyens ont besoin d'espaces vides pour faire vivre et agir une vraie démocratie. Ces tables et ces chaises sont une négation de la volonté et de la possibilité de création d'une cité nouvelle. En nous imposant un mobilier, on nous impose silencieusement beaucoup d'autres choses et on nous empêche de créer d'autres formes.
Et cet volonté de remplissage est un véritable outil politique de maintien du quiétisme du peuple. Tout cela prend sa source dans des phénomènes plus ou moins inconscients de peur du vide, et du doute et des incertitudes qui l'accompagnent. Ça se soigne ! Prenez donc minimum deux-trois heures de théâtre hebdomadaire et goûtez aux joies de l'espace vide à conquérir sans fin.
senzu
P.S. Je pense aussi à la pire des formes de remplissage et la plus répandue : LE VERROU. De nombreux espaces vides sont verrouillés. Souvent on ne sait même pas pourquoi. Pourtant il n'y a rien à cambrioler, c'est vide.
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dim, 11/10/2009 - 08:50 — chribPages