
Incroyable comme ces mots font partie du vocabulaire sur le net aujourd'hui.Je devrai m'en réjouir, quand j'étais môme c'était des trucs de baltringues, nous on avait les cheveux rouges et on crachait sur nos chanteurs pour leur dire qu'on était aussi bons qu'eux, qu'un punk est un punk, sur scène ou dans la salle.
Maintenant avec et sur le net c'est des tonnes de glaviots qu'on prend dans la tronche, mais pas les mêmes, des glaviots de haine, de ressenti jaloux, de révolte qui se trompe de cible.
Parce que tout à coup, l'art et son fameux "accès" c'est la musique. Bin oui, on ne voit pas sur les newsgroups, les liens torrent, ou sur la mule, des opéras filmés en douce, ni des spectacles de danse filmés en douce, ni des expos de peinture dévoilées à coup de film de portables, ni des photos de sculpture, ni des romans d'auteurs inconnus, encore moins des pièces de théâtre,etc. Ce qui se propose et se télécharge c'est la musique.
Alors selon l'instant et le lieu le discours est que les producteurs de musique ne sont que des pourris qui produisent de la merde en empêchant une diversité d'émerger, et puis juste derrière, les mêmes réclament le droit de télécharger de la merde, produite par des pourris, mais sauf que là ils décident tout à coup que c'est de la "culture". Parallèlement, des milliers, des millions de groupes n'ont eu aucune barrière pour s'installer sur le net, offrent leur musique gratos...et attendent encore leur public. Faut croire qu'ils sont pas si culturels que ça...
Sur le net le mot culture en fait il faut le traduire par "je le veux gratos".
Pire même, après avoir diabolisé les labels et majors, soupçonnés de n'être que des vénaux sans âme, le public entre dans de nouvelles dynamiques avec de nouveaux opportunistes comme ce site que je découvre aujourd'hui http://www.spidart.com/ ou carrément les chanteurs font la manche et attendent que le public, devenu coproducteur, prenne aussi sa part du gâteau!!!!
je cite l'accroche:
"Promotion
Fais la promo de ton artiste et gagne de l’argent avec lui.
En tant que coproducteur, tu deviens responsable de la promotion de ton artiste : crée le buzz autour de toi pour la sortie de l’album et augmente les ventes et tes recettes.
Gagne de l’argent
avec ton artiste et Spidart pendant deux ans :
Pendant deux ans à compter du premier jour de la distribution tu partagera les gains des ventes d’album et single qu’elles soient physiques ou immatérielles."
N'est-ce as encore plus odieux qu'un contrat en label? D'engrosser un actionnaire parce qu'il a mis cent balle dans ton disque? Cent balles tu les valait pas avec tes chansons, puisqu'ils faut que tu soies rentable? Alors que produit-on là? De la culture? Non, pour faire entrer l'internaute dans la machine il faut lui promettre de l'intéressement aux benefs. Apres ça on va nous parler de nouvelle économie au service de la culture... "Fais du buzz autour de ton artiste et augmente tes ventes et tes recettes". Et c'est de là que l'on croit faire émerger autre chose que du sous top 50? Pincez moi les enfants, je rêve! Allez écouter les onze albums produits chez Spidart, et vous aurez l'exemple de ce que je raconte.
Vous savez, quand une major produit de la merde pour faire du blé, une partie de son blé est investit dans de la diversité, son métier est de lancer des perches, AUSSI.
J'en fut une par exemple, et j'ai été financé par les compils d'Adamo qui cartonnaient à cette époque. Par contre c'est pas demain la veille que Spidart va décider de financer un Mano Solo, des Têtes Raides, un Loïc lantoine, une Mell, et même pas une Mano Negra, un Higelin à ses débuts, une Brigitte Fontaine, un Renaud à ses débuts et la liste est longue du résultat d'un travail des producteurs qui finalement ont fait émerger 99% de ce que l'on écoute après 15 d'existence du net, qui lui n'en est qu'à nous balbutier ses systèmes bâtards et odieux, d'un libéralisme sauvage.
Alors le vrai problème il tient en un exemple parmis tant d'autre, les pompistes de chez Total, ce sont eux qui au bout de la machine fabriquent les milliards que quelques actionnaires vont se partager, pendant que eux, ils n'ont pas les moyens de se payer de la musique à un prix équitable.
Le problème est que la musique gratuite est un os qu'on donne à ronger au peuple, alors que sa gamelle on lui a vendu plein pot (hardware numérique, ordis, écrans pats, lecteurs mp3), et paradoxalement, c'est lui qui la fabrique.
Le peu qu'il gagne repart dans la machine à fric de toujours les mêmes. Alors on lui donne d'abord du discount, pour qu'il survive, puis du gratuit, qu'il paye ailleurs sans le savoir, ou que d'autres payent pour lui.
En vérité, l'internaute qui croit niquer le système en téléchargeant, l'accompagne dans toute sa splendeur, de plus en plus soumis à la religion de consommation.
La carotte du gratuit pour oublier les bas salaires.
Et si hier on avait pu télécharger des jambons, on aurait aujourd'hui des millions d'internautes.... réclamant le droit d''accès à la charcuterie.
Pendant ce temps, les actionnaires des FAI, Apple, Microsoft, Intel, et compagnie se font gentiment des couilles en or, de la taille de celles d'un mammouth.
Je sais, je me répète, mais rien ne change, et tout est pire, alors j'adorerai avoir autre chose à dire, à penser de tout ça, mais c'est une vérité en face de moi, je ne comprend pas qu'elle ne soit pas en face de la plupart d'entre vous.
Mano..
Voir aussi l'appel d'Oliv' qui en dit long. http://manosolo.net/test-bonze/node/49#comment-326
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Commentaires
Juste une remarque rapide...
mar, 13/10/2009 - 21:37 — maedhrosJuste une remarque rapide... Pour les bouquins, google est en train de numeriser pas mal de titres, sans se soucier de trucs bizarres comme les droits d'auteurs etc... Ca fait l'objet d'un proces mais globalement les musiciens se sentiront de moins seuls a gueuler contre certaines utilisations d'internet... Cela dit vu le temps de parole qu'on laisse aux auteurs comptez pas sur un grand soutien...
au chiotte la monnaie !
mer, 21/10/2009 - 14:06 — David TerrierEffectivement, il nous faut toujours rester en veille (ce qui, au passage, n'aura aucune incidence sur le réchauffement climatique). Ne pas être dupe !
Malheureusement, l'argent a en effet fertilisé une friche culturelle qui, tel un terrain vague, offrait jusqu'alors un potentiel d'aventures inouïes.
Il reste encore certains espaces, un peu comme des Parcs Naturels voire des réserves d'indiens (sauvages!), où c'est "l'Art Gens" qui forme encore le paysage. Même en Solo, tu es de cette terre là, Mano. Tout comme Loic Lantoine, par exemple, que tu cites dans ton coup de gueule, à mon grand plaisir. Il ne sera jamais facile d'exister, surtout lorsque le "pour tous" étouffe le "chacun".
Alors oui, les majors et autres spéculateurs candides misent sur des "artistes" devenus sans même parfois le savoir de simples et éphémères "trait d'heure". Mais le Mano que j'aime entendre est lui un trait d'union... au chiotte la monnaie ! Vive la parole ;-)
"Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ne sont plus entendus au banquet des banquiers."
Brigitte Fontaine/Noir Desir
le souci c'est qu'aujourd'hui
dim, 06/12/2009 - 15:12 — ATYPIK85le souci c'est qu'aujourd'hui si ta pas d'argent tu n'as rien et encore pire on dit de toi que TU N'EST RIEN.désolé du terme mais sa me fait gerber!la monnaie regie le monde et c'est bien malheureux.quand j'vois tout ces pourris qui ne savent même plus quoi faire de leur pognon et de l'autre coté les p'tits gamins qui meurent de faim ou de maladie serieux j'ai honte d'avoir ce que j'ai,même si aux yeux de certains c'est pas grand chose.moi j'dit il est beau le monde!!!!!!
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