[une photo - des histoires] Jeu créatif : La règle est simple. Voici une photo, écrivez-nous l(es )'histoire(s) qu'elle vous inspire. Il n'y a pas de vainqueur, pas de prix. Aucune contrainte.
à vous de jouer !
C'est bien simple dès le début j'ai senti les mauvais plis prendre racine en moi. Très vite les sales habitudes sont venues tracer un peu plus de sillons sur mon crin de pauv' chien. J'avais coutume de pisser et de chier un peu partout, puis pour une sombre histoire de croquettes, j'ai fini par rentrer un peu dans le rang.
Ils pouvaient dès lors me sortir et me montrer à leurs amis branchés car, figurez-vous que chez eux, être né fripé comme je suis né, c'est plutôt pas mal vu. Mais au fond, convenez-en,j'ai gardé une gueule de chien errant. C'est sûrement pour ça qu'ils étaient morts de rire quand ils ont pris la photo. J'me souviens que j'ai tout fait pour rester droit et fier sachant la cause perdue, et que la photo fut prise, ma gueule débile et mes allures pataudes gravées dessus.
C'est que des jours passer à errer dans les rues ça ne s'efface pas comme ça... D'abord attaché à un arbre par d'autres trous du cul puis - après les liens rongés- la marche forcée vers les habitations, les poubelles humaines pour seul réservoir à bouffe, et avancer encore jusqu'à ce qu'épuisé, un soir de novembre en banlieue parisienne, deux tordues des toutous m'aient attrapé par le paletot, décollé du trottoir où épuisé j'étais scotché depuis deux heures, et embarqué dans une cage direction la SPA...
Fallait pas que j'm'en fasse, me disait les deux pouffiasses, désormais ma vie allait changer c'était sur... J'ai même eu droit à un "Les gens sont très friands des bons toutous comme toi" qui m'a presque inquiété. Mais j'dois reconnaître qu'on m'a remis vite fait sur pattes.
C'est là qu'ils sont arrivés, ceux qui me nourrissent et me tiennent au chaud contre quelques photos.
Mais tout ça ça fait un baille...
Aujourd'hui elle s'apprête à changer de maison et voilà qu'elle s'entête à laisser cette vieillerie sous ma truffe... Elle me parle et pleure les temps anciens où - hors-cadre - se trouvait son grand benêt de mari et ses amis surfaits. Elle dit "c'est dommage, on dirait que cette image à cent ans..." mais moi j'm'en fous : y'a bien longtemps que j'ai compris qu'il n'y avait pas un gramme de fidélité logé dans l'âme des humains. La fidélité, c'est une affaire de chiens, voilà ce que j'lui répondrais si seulement je pouvais parler!
Je suis de l'au-delà de la sympathie que je n'inspire pas, ma tête gronde de résonance, ma couleur de lave vaut cette teinte passée. Mes plis sont des chagrins qui creusent ma vie tout en la laissant dans mes envies inassouvies. J'existe autrement que par ma forme. Bizarre je suis dit-on, exotique trouvaille d'un temps. Je perdure dans l'imagination du présent agissant ,en vous le voyeur du cliché atypique frissonne à cette vue ancienne. Et dans ce monde je cours comme immobile je suis dans cette sagesse figée faiseuse d'histoires. Agnès m'a prise et mise au monde du blog. Voilà qu'un autre m'attrape et me rend vif encore tout ça sous l'idée féconde d'un Bonze. Et j'aboie dans des prairies d'Amérique du sud comme écho d'une Mazda qui s'agite quand son maître se fait peintre. Je gambade dans des pays sauvages pour des pensées litanies. J'exécute des ordres, dressé d'obéissance, mon attachement mythique est un don qui me rend poison quand je suis rendu outils d'attaque par des gens forts de matraques. Et je m'évade dans des soleils, mondes prophétiques, paradis des chiens sans laisses, sans coups et ivres d'airs. Mes traits sont pas ma vie, mon mystère vous restera inconnu, seul le sensible de vous peut m'approcher. Je sais l'humanité dans sa fange et son câlin. Je m'emporte de caractère, je vibre à la moindre chose, tout me touche et m'exalte. Je suis aussi ce que vous me mettez dessus. On me dépeint, on me réduit. Me voilà presque vous Pourriez-vous connaître un étonnement? J'aime maladivement
Commentaires
les mauvais plis
lun, 28/06/2010 - 12:49 — FoxC'est bien simple dès le début j'ai senti les mauvais plis prendre racine en moi. Très vite les sales habitudes sont venues tracer un peu plus de sillons sur mon crin de pauv' chien. J'avais coutume de pisser et de chier un peu partout, puis pour une sombre histoire de croquettes, j'ai fini par rentrer un peu dans le rang.
Ils pouvaient dès lors me sortir et me montrer à leurs amis branchés car, figurez-vous que chez eux, être né fripé comme je suis né, c'est plutôt pas mal vu. Mais au fond, convenez-en,j'ai gardé une gueule de chien errant. C'est sûrement pour ça qu'ils étaient morts de rire quand ils ont pris la photo. J'me souviens que j'ai tout fait pour rester droit et fier sachant la cause perdue, et que la photo fut prise, ma gueule débile et mes allures pataudes gravées dessus.
C'est que des jours passer à errer dans les rues ça ne s'efface pas comme ça... D'abord attaché à un arbre par d'autres trous du cul puis - après les liens rongés- la marche forcée vers les habitations, les poubelles humaines pour seul réservoir à bouffe, et avancer encore jusqu'à ce qu'épuisé, un soir de novembre en banlieue parisienne, deux tordues des toutous m'aient attrapé par le paletot, décollé du trottoir où épuisé j'étais scotché depuis deux heures, et embarqué dans une cage direction la SPA...
Fallait pas que j'm'en fasse, me disait les deux pouffiasses, désormais ma vie allait changer c'était sur... J'ai même eu droit à un "Les gens sont très friands des bons toutous comme toi" qui m'a presque inquiété. Mais j'dois reconnaître qu'on m'a remis vite fait sur pattes.
C'est là qu'ils sont arrivés, ceux qui me nourrissent et me tiennent au chaud contre quelques photos.
Mais tout ça ça fait un baille...
Aujourd'hui elle s'apprête à changer de maison et voilà qu'elle s'entête à laisser cette vieillerie sous ma truffe... Elle me parle et pleure les temps anciens où - hors-cadre - se trouvait son grand benêt de mari et ses amis surfaits. Elle dit "c'est dommage, on dirait que cette image à cent ans..." mais moi j'm'en fous : y'a bien longtemps que j'ai compris qu'il n'y avait pas un gramme de fidélité logé dans l'âme des humains. La fidélité, c'est une affaire de chiens, voilà ce que j'lui répondrais si seulement je pouvais parler!
Merci pour l'idée...
Ce n'est pas parce que Agnès a écrit un texte ...
dim, 18/07/2010 - 11:06 — Bonze... qu'il faut que vous vous en passiez.
:)
Mon livre : La Théogonie des dieux réels
http://fr.blurb.com/bookstore/detail/1500373
Je suis...
sam, 24/07/2010 - 00:20 — Vincent LAUGIERJe suis de l'au-delà de la sympathie que je n'inspire pas, ma tête gronde de résonance, ma couleur de lave vaut cette teinte passée.
Mes plis sont des chagrins qui creusent ma vie tout en la laissant dans mes envies inassouvies.
J'existe autrement que par ma forme. Bizarre je suis dit-on, exotique trouvaille d'un temps. Je perdure dans l'imagination du présent agissant ,en vous le voyeur du cliché atypique frissonne à cette vue ancienne.
Et dans ce monde je cours comme immobile je suis dans cette sagesse figée faiseuse d'histoires.
Agnès m'a prise et mise au monde du blog. Voilà qu'un autre m'attrape et me rend vif encore tout ça sous l'idée féconde d'un Bonze.
Et j'aboie dans des prairies d'Amérique du sud comme écho d'une Mazda qui s'agite quand son maître se fait peintre. Je gambade dans des pays sauvages pour des pensées litanies.
J'exécute des ordres, dressé d'obéissance, mon attachement mythique est un don qui me rend poison quand je suis rendu outils d'attaque par des gens forts de matraques.
Et je m'évade dans des soleils, mondes prophétiques, paradis des chiens sans laisses, sans coups et ivres d'airs.
Mes traits sont pas ma vie, mon mystère vous restera inconnu,
seul le sensible de vous peut m'approcher.
Je sais l'humanité dans sa fange et son câlin.
Je m'emporte de caractère, je vibre à la moindre chose, tout me touche et m'exalte.
Je suis aussi ce que vous me mettez dessus.
On me dépeint, on me réduit. Me voilà presque vous
Pourriez-vous connaître un étonnement?
J'aime maladivement
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