Voilà, je transmet ce qui vient de tomber dans ma boîte mail...Une feuille morte, dont une face est sombre, d'une puanteur pestilentielle, l'autre dorée, qui sonne l'automne de la barbarie, pour peu que l'on soit nombreux à envoyer nos souffles dans le vent du retour ou du renouveau, peu importe son nom, il faut souffler!
Je n'ai rien à rajouter, tout est dit dans ce message,qui oscille entre l'horreur d'une politique à vomir menée par ceux qui détiennent le siège de la gouvernance, et la solidarité qui fait front de l'autre côté, front contre la barbarie, front pour que perdure la justice, front pour soutenir des gens, que nous pourrions être, sauf que nous, nous avons des "papiers" qui stipulent que l'on a le droit de vivre, pour beaucoup survivre... des papiers!
"Nouvelles du couple d'Albanais.
Nous naviguons depuis 3 jours entre angoisse et espoir, il y a toute une mobilisation, mais dans la réalité nous touchons à l’horreur à travers l’acharnement de la préfecture contre ce petit couple avec leur bébé.
Résumé des faits : Eduard (29 ans) et Ermela (21 ans) avec leur petite Inès (7 mois) ont été hébergés à la Bresse tout au long de leur demande d’asile, c.à.d. 18 mois environ. Suite au rejet courant juillet, nous avons fait une demande de titre de séjour pour raison humanitaire, appuyée par une trentaine de témoignages de soutien, dont celui du maire de la Bresse. Demande rejetée par le préfet et accompagnée d’une OQTF en date du 10/08. Ils ont du quitter le logement du CADA, mais une solution provisoire a été trouvée dans un HLM de Cornimont relevant également du CADA (ce que nous ignorions jusqu’à ce soir).
Ce lundi 27 septembre à 8h, on a frappé à la porte, Eduard est allé ouvrir, les gendarmes sont entrés, ont embarqué le couple et pris le bébé des bras de sa maman, sans leur laisser la possibilité de prendre quoi que ce soit. Ils ont été emmenés en garde à vue à Saulxures, et vers 15h « quelqu’un » leur a ramené l’enfant pour le transfert au centre de rétention de Metz.
Mardi, j’ai pu les voir en fin de matinée, ils étaient très mal et pleuraient. Ils n’avaient aucun vêtement de rechange, et il a fallu faire acheter du lait et des couches qui semble-t-il n’étaient pas prévu au programme, une dame de la cuisine leur ayant déclaré que jamais dans ce centre de rétention (en service depuis un peu moins de 2 ans) elle n’avait vu de bébé de cet âge.
Mercredi en début d’après-midi, accompagnés de leur avocate, ils ont comparu devant le juge des libertés et de la détention qui les a fait immédiatement sortir, en vertu de traitement inhumain et dégradant. Le préfet interrogé par l’AFP a fait savoir qu’il n’intervenait pas sur cette décision (susceptible d’appel dans un délai de 24h). A 15h, la cour d’appel de Strasbourg qui statuait sur un recours déposé par l’avocate a rejeté celui-ci au motif que les intéressés ne s’étaient pas déplacés : Comment l’auraient-ils pu alors qu’ils n’avaient ni le temps matériel de le faire, ni moyen de locomotion, l’avocate retenue par une autre affaire ayant mandaté une consoeur. Le couple a trouvé refuge pour la nuit chez des amis, eux-mêmes en précarité.
Ce jeudi en début de matinée, nous avons trouvé quelqu’un pour faire le transfert de Metz à Nancy, puis de Nancy à Gérardmer où nous ont rejoint des voisins et amis de Cornimont et la Bresse, à la fois très inquiets et réconfortés de retrouver Eduard et Ermela, eux-mêmes partagés entre le stress, l’épuisement moral et psychologique, et le soulagement d’être entourés. Une équipe de France 3 était présente et pour ceux qui ont vu la séquence au journal de ce soir, c’est une belle image d’humanité face à l’inhumanité et l’acharnement du pouvoir. En début d’après-midi, les amis prennent en charge le couple pour le conduire d’abord chez un médecin à la Bresse, car les trois ont besoin d’un accompagnement médical, avant de regagner Cornimont.
Dans l’après-midi, 1er coup de théâtre : Nous apprenons que peu avant l’expiration du délai de 24h, le préfet a fait appel de la décision de remise en liberté, se basant sur une jurisprudence de la Cour de cassation déclarant que la mesure de rétention concernant des parents accompagnés d’enfants ne constitue pas un traitement inhumain et dégradant. Mais dans cet arrêt, il est question d’enfants, pas de bébés ! Du coup les intéressés sont convoqués pour demain, vendredi 1er octobre à 14h, en Cour d’appel à Metz, alors qu’ils ne sont pas remis du traumatisme de leur incarcération.
2è coup de théâtre : Vers 18h, le couple arrive à son domicile à Cornimont et constate que les serrures ont été changées ! Ils se retrouvent à la rue, sans vêtements, sans affaires pour la petite : C’en est trop pour Ermela qui fait un malaise et doit être conduite inconsciente chez le médecin qu’ils viennent de quitter. Pendant ce temps, des voisins restent devant la porte de l’appartement avec la petite. J’appelle différents intervenants qui me renvoient au CADA. Je demande à parler au directeur, Monsieur Bourgogne, qui me déclare la main sur le cœur qu’il ne laissera pas une famille à la rue, qu’il veut bien prendre sur lui de les faire conduire pour une nuit dans un hôtel, en précisant que demain, ce n’est plus à lui que nous aurons à faire, mais à la préfecture. Je lui réponds que là n’est pas la question, qu’il s’agit de faire ouvrir l’appartement pour récupérer un minimum d’affaires, et ce dans l’immédiat. Sur mon insistance, il me déclare qu’il envoie deux personnes sur place avec les clés. Compte-tenu des délais, des allées-venues, ce n’est qu’en fin d’après-midi que le couple revenu à Cornimont avec ses voisins peut transférer le nécessaire chez des amis qui se sont proposés de les héberger pour ce soir.
Voilà la France généreuse de Monsieur Besson ! Nous sommes partagés entre souffrance, colère et détermination !
L’avocate demande instamment à toute personne pouvant témoigner de l’état de choc de la famille, compte-tenu des conditions de leur arrestation, détention, privation de leurs droits fondamentaux, de lui adresser un message d’ici à demain matin.
Elle invite toutes celles et ceux qui le peuvent à venir traduire leur soutien à cette famille en se rendant ce vendredi 1er octobre à 14h à l’audience de la Cour d’appel de Metz.
Merci de relayer cet appel dans vos réseaux"
J-L D
Commentaires
Le combat contre la nausée
sam, 02/10/2010 - 11:14 — Foxet par ceux qui suivent après...
sam, 02/10/2010 - 11:44 — ElenBouger, dit-elle…
dim, 03/10/2010 - 09:25 — isamona"Il n'est pas de fardeau que je ne puisse poser chaque soir. Chaque matin renaissent mas deux poings." (Mano Solo)
Merci :)
dim, 03/10/2010 - 22:02 — Elendes nouvelles, plus une pétition papier
mar, 05/10/2010 - 09:54 — ElenPages