
À force de trop aimer j’ai peur de mourir du manque de crédibilité
Mais si je n’en mets pas assez j’ai peur d’être traité de monstruosité,
S’il fallait savoir doser les sentiments alors j’en jetterais un pincée
Dans le vent pour l’emporter tout autour de la terre et le retrouver
Comme une claque dans la gueule pour voir ce que ça fait
De prendre du temps pour s’écouter roucouler devant un miroir,
N’y voir rien d’autre que ce qui apparait et se trouver parfait
Tel que l’on est sans aller chercher à se contrôler et se freiner
En écoutant la vision de l’autre qui tente de vous critiquer.
Si la mort est notre point de rencontre pour nous retrouver
Alors rendez-vous compte combien d’années ça nous fait
Pour nous aimer en nous disant des douceurs pour aller
Droit dehors et chanter sous la pluie pour faire pousser l’été.
À force de trop parler j’ai peur de prendre le risque de vous asphyxier
Comme la pollution au dessus de nos têtes qu’on ne peut contrôler
Mais si demain j’arrête j’aurais peur de m’ennuyer sans avoir
À dire tants de choses qui pourraient aussi bien vous brusquer
Que vous émerveiller avec mes images qui brûlent comme du papier
Une fois enterrées, oubliées, ranger dans un placard avec des affaires
Sans importance, classées par ordre de jouissance et les ressortir
En se rappelant qu’il fut un temps où je vous ais fait rêver
En vieillissant tranquillement pour passer vite à autre chose.
Si la mort est le péage où l’on paye pour nous retrouver
Alors rendez-vous compte combien d’années ça nous fait
Pour chercher la petite monnaie dans une poche trouée
En se disant que c’est par terre où l’on trouve le meilleur
Des petit caillou pour arrêter l’engrenage du temps qui passe.
Saloperie de vieille machinerie qui une fois lancée nous tord à tous le coup
Je ne peux rien faire pour te casser mais au moins pour reculer
Ton effet quand tu t’en prends à l’un des miens sans remarquer
Que je puisse souffrir un peu de trop pour ne pas oublier de pleurer,
Saloperie de tempête qui déchire les nuages quand le vent arrache
Les volets et les cheminées dans les campagnes pour raser la tranquillité
Sache que je ne suis pas ceux qui se laisseront faire pour te faire plaisir
Mais de ceux qui continueront à écrire pour user tes nombreux rouages
En faisant le ménage sur ce le mauvais pour ne laisser parler que la beauté.
Si la mort est un sac poubelle que l’on emmène en déchetterie
Je la déposerais à proximité des déchets ménagers ou toxiques
En hésitant au moins pour me dire que ça te ferait trop d’effet
Que de te placer dans les bacs des produits à recycler.
Rocco Souffraulit, le 02/03/2011.
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